11 octobre 2009 – Trail des Marcaires – Muhlbach (68)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 46 km Dénivelé positif: 2100 m Dénivelé négatif: 2100m

« le bonheur est dans mon jardin… »

Le récit:

Dimanche matin, je pars de la maison parentale à Metzeral en petites foulées pour me rendre à Muhlbach au départ du Trail des Marcaires. Il ne pleut pas malgré le temps pourri des derniers jours.
Je tiens beaucoup à ce Trail: il emprunte tous les sentiers de mon enfance et de mon adolescence.
J’y retrouve quelques camarades internautes: Julien, Manu, Benoit, Nicolas, Jeff etc… Dominique m’échappe encore une fois, le bougre…J’y retrouve également quelques collègues de travail, amis ou connaissance de « La Vallée ».
Le départ a lieu au niveau du Musée de la Schlitte pour y emprunter un peu de bitume avant de rejoindre le sentier de la carrière appelé en alsacien « la Striette », et où nous sommes passés tant de fois en vélo avec Yannick qui m’accompagne encore aujourd’hui.
Je ne cours pas trop vite comme d’habitude. On retrouve momentanément le bitume avant d’attaquer la première montée, à 100m de l’étang paternel…
Je sens dès le début que les jambes ne sont pas géniales. Je me dis que ça viendra peut-être d’ici une petite heure. De toute façon, psychologiquement je suis au mieux, tout est réuni aujourd’hui pour une belle course. Je me convaincs que le résultat n’a aucune importance: le but est d’arriver et surtout de me faire plaisir. Je monte tranquillement vers le Rothenbrunnen. Aurélien Colin du Team Trail Des Roches me dépasse. On discute un peu, il est ici tranquille en préparation pour l’ultra des Templiers. Au Rothenbrunnen ma femme et mes enfants m’y attendent. Le père du futur 3ème de la course est là également. (Le père est un enfant de la vallée guide de Haute Montagne à Chamonix…), Ma femme me dit que Yann a déjà 4 minutes d’avance: pas grave, je me sens bien même si je n’ avance pas bien vite: le moral est bon. C’est vraiment super sympa d’être supporté par ses proches dans son jardin.
Je repars assez vite. Un passage un peu plus technique arrive, ça va pas mal. Pas trop vite mais correct, c’est vraiment le genre de sentier que j’aime. Nous arrivons au Col du Hilsenfirst. L’itinéraire prévu initialement nous faisait remonter vers le sommet du Hilsenfirst, pour aller au sommet du Klintzkopf: comme il est situé en zone Natura 2000, nous devons descendre vers Rimbuhl. Nous rejoignons assez rapidement un chemin forestier bien roulant en faux plat montant/descendant. Je n’aime vraiment pas ça. Ce détour est annoncé pour rallonger le parcours de 3km. Je m’aperçois rapidement qu’il est beaucoup plus long que prévu et finalement descend beaucoup plus bas que je ne le pensais. Grand moment de solitude (rires)… surtout lorsque j’aperçois les bâtiments de la station du Markstein perchés bien plus haut que moi… Là nous arrivons au pied d’un pré qui remonte vers le sentier initial. J’ai fait le long morceau précédent tout seul hormis avec Aurélien avec qui j’ai fait le yoyo. Là il y a bien 20 personnes devant moi en file indienne et pareil derrière: le ventre mou du peloton.
On retrouve le sentier mono trace qui va au Breitfirst: heureusement qu’un signaleur est là: le seul point faible du balisage, on aurait tendance à suivre le sentier balisé en bleu par le club vosgien…
J’arrive au ravito du Breitfisrt. Ma femme est encore là avec les enfants. Je cours un petit bout avec mon fils de 6 ans: moment génial. On retrouve le brouillard et encore un copain d’enfance qui s’occupe du ravito: cette course est trop géniale. Ma femme me dit que Yann et Vincent (un collègue de travail) ne sont pas au mieux.
Moi je continue à me faire plaisir et à gérer: j’ai l’allure que j’ai d’habitude à l’entrainement. Je sais que ce n’est pas pour une perf mais cette allure peut m’amener au bout en bon état, même si j’ai un peu mal à la cuisse gauche.
Je repars donc vers le Hannenbrunen dans le brouillard. Moment sympa avec un concurrent venu en touriste qui court avec l’état d’esprit du Trail (cher à Julien Francois): il ne porte jamais de chrono, en pleine découverte contemplative et heureux de discuter du paysage et du plaisir éprouvé sur la course…
On emprunte donc un bout de la course des Crêtes Vosgiennes. Ca va, je continue à dérouler en m’alimentant et buvant correctement. Au Schweisel, on est en pleine purée de pois. Pas grave pour moi, je connais chaque pierre, mais ça doit être impressionnant pour un « découvreur du secteur », ambiance de port anglais…
J’arrive au Herrenberg, mon compagnon du moment est tout surpris quand je commence à bifurquer vers la gauche sans voir le balisage que je lui montre 20 m plus loin.
Là, on arrive sur un secteur que j’aime vraiment: un single track assez plat avec une très belle vue sur la vallée avant d’enchainer sur la descente de l’Altenweier. Malheureusement c’est vraiment là que je sens que c’est un jour sans jus. Dans les lacets où, habituellement je me régale comme un cabri, je me contente de suivre un coureur au rythme sympa mais pas endiablé. D’ailleurs on rattrape Benoit qui est 10m devant jusqu’en bas. Je ne le dépasse qu’avant d’arriver à la légère remontée vers le lac de l’Altenweier….
Tiens je me dis que plein de gens n’ont pas du remarquer la croix située un peu plus haut: lieu où une avalanche a enseveli père et fils il y a bien longtemps… Combien savent que nous sommes dans un lieu presque alpin??? C’est un aspect du trail que j’aime beaucoup: la divagation de l’esprit…
J’arrive au lac de l’Altenweier, il y a mes parents, femme et enfants, un vrai régal… Et Oh surprise, Yann qui m’attend. Il n’a pas l’air au mieux et me lance « tu fais quoi tu continues? » Évidemment que je continue!!! Je n’ai pas un bon physique mais psychologiquement je ne suis même pas entamé. Je n’ai pas envisagé un instant de m’arrêter au contraire. On repart ensemble. Il me lance que je ne dois pas être au mieux vu qu’il m’a attendu en descente sans me voir arriver…
On attaque LE gros passage technique de la course. Il y a du monde dans ce chemin caillouteux à souhait. Même pas la peine d’essayer d’y courir ou de dépasser aujourd’hui: mouillé à souhait, ce serait une vraie perte de temps et d’énergie. Alors on discute, surtout de la course, de nos courses, de la reco faite ici même 15j avant sous un beau soleil. Bref ce bout passe bien, jusqu’à retrouver la crête. On va alors vers le Kerbholz. Yann va mieux. Oh pas impérial, loin de là: d’habitude dans cette descente technique il s’amuse comme un petit fou à « envoyer ». Aujourd’hui c’est descente tranquille, derrière quelques coureurs qui s’empilent. Certains râlent, ras le bol des cailloux… Moi j’aime bien, c’est plus proche de la montagne que de la course. Et voilà déjà le lac du Fischboedle. Je lève bien la tête pour voir les moraines qui grimpent presque à la verticale sous les Spitzkoepfe: j’adore cet endroit. Là je retrouve de nouveau toute ma petite famille… Si si c’est possible… Mais le comment est un petit secret…Je vide mes chaussures, Yann peut enfin manger un peu de salé: il n’en peut plus du sucré.
Allez, il reste un petit bout de montée avec juste 5 minutes de chemin technique. On a passé des éternités à courir, pédaler, marcher, dormir, faire la fête… dans ce secteur. Je sens que Yann baisse le rythme: en montée et en marchant les jambes vont bien, je le tire un peu mais je sens que ça commence à contracter sous la cuisse droite… En fait je promène une douleur en haut de la cuisse gauche depuis le 20ème km. A force de compenser sur la jambe droite je cours de travers (ce que ma femme m’apprendra le soir) et travaille de façon inégale d’où ces crampes qui s’annoncent…
Mais voilà déjà le lac du Schiessrotried. Yann et moi avons horreur du chemin qui suit: 1km à plat roulant. D’ailleurs on en a toujours eu horreur. On a d’ailleurs qu’une crainte, que l’organisation ait choisi de prendre le large chemin du Sillacker pour redescendre à Metzeral… Pour ma part (on me traite de fou): j’aurai adoré que l’organisation nous fasse remonter jusqu’à la ferme du Schiessroth (300m de dénivelé+) pour emprunter le chemin génial qui part sous la station du Gaschney et rejoint l’ancienne ferme su Sillackerwasen (en cours de rénovation)
Allez on y va. Franchement on va pas vite, d’ailleurs çà revient fort: on nous dépasse régulièrement.
Tiens voilà même un petit bout de bitume, puis on tourne à droite: on rejoint le chemin que je citai un peu plus haut. Ouf c’est un chemin que j’adore. On peut se lâcher un peu , mais pas trop pour moi, je sens que ma cuisse va vraiment me poser des problèmes… C’est ce qui arrive peu après la ferme auberge du Hinterberg: un appui un peu trop en extension et la voilà la terrible crampe, en pleine descente un peu raide. Il faut que je m’arrête. Yann me crie « allez viens »… Il me faut deux minutes pour la faire passer…On se fait encore doubler: vraiment pas important…On se remet en route mais pas trop vite, je fais attention à tous mes appuis pour qu’on puisse courir jusqu’au bout.
On arrive finalement en bas sur le bitume: « on passe par l’Altenhoff ou par la Brandmatt ???»… Heureusement pour ma crampe c’est par la « Brandmatt », donc pas de petite remontée et un petit passage devant la maison des parents de Yann puis devant la mienne. Ca sent l’écurie, tout le monde nous annonce 1 ou 2km, Yann sourit et n’arrête pas de dire qu’ « on sait on a grandi ici… » Voilà la gare et le retour vers l’arrivée. Aurélien et son frère nous rattrapent. On discute un peu et voilà la salle de sport qui s’annonce. Toute la famille est là, la soeur de Yann également.
J’attrape mon fils par la main, il finit avec nous, en même temps, vrai moment de bonheur.
Ouf, que voilà un beau périple qui s’achève. Il n’y aura plus qu’à se doucher, se restaurer et surtout garder un excellent souvenir de cette superbe course.
Bravo aux organisateurs et merci aux bénévoles. Ce fut un vrai plaisir. Bon on en est à 47km et 2050+/2050- mais quand on aime on ne compte pas. D’ailleurs mon idéal de Trail ici, et afin de donner toute la mesure de la vallée, ferait plutôt 55km et 2700+ (surtout pour éviter tout bitume), je sais je suis barjo…
La saison des Trails est terminée pour moi. Demain je range les baskets pour une coupure bien méritée, mais ce soir je vais déjà rêver des courses de 2010, on va encore me traiter de fou: encore mal aux jambes et déjà entrain d’envisager de recommencer… Faut vraiment pas être bien…

  1. #1 by Braesch on 30 août 2010 - 3:23

    Je viens de voir que tu m’as mentionné en parlant du « père » du futur 3ème. Merci. Je m’appelle André BRAESCH et moi aussi j’ai emprunté ces magnifiques sentiers en étant jeune. C’était une super belle journée et très très belle course! Bravo à toi que je ne connais pas……encore!
    jean André BRAESCH

(ne sera pas publié)