26 avril 2009 – Trail des Roches – St Dié Des Vosges (88)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 42 km Dénivelé positif: 1900 m Dénivelé négatif: 1900m

« mon premier vrai Trail… »

Le récit:

Nous sommes le 25 avril 2009, demain est mon premier vrai trail.
J’ai pour avantage d’avoir fait le 19 km l’année dernière et d’avoir assez bien reconnu le parcours. Il me manque simplement un petit bout de 5 km avant l’arrivée au col d’Anozel. La grosse inconnue est ma récupération: j’ai travaillé de 03h à 06h la nuit dernière, j’espère ne pas être trop fatigué. Au point de vue course, j’ai été raisonnable, une dernière sortie longue d’01h40 il y a 10 jours…
Je prépare donc méticuleusement boisson, alimentation, habillement… La question est de savoir si j’en amène trop ou pas assez, tant pis on verra bien.
Dimanche 05 heures: je me lève, j’ai passé une très mauvaise nuit: cochonnerie de téléphone…Et mon fils qui m’a réveillé à deux reprises… Mais bon étonnement, je ne me sens pas trop fatigué physiquement parlant. Je mange des pâtes et bois abondamment.
Je me mets en route à 06h15: je n’ai qu’une demi heure de route çà suffira largement.
Au bout de d’1/4h je râle dans la voiture: j’ai oublié le lecteur MP3 que j’avais mis en charge hier soir et m….
Retrait des dossards: les bénévoles sont super sympa. Cette année le cadeau est une housse à chaussures: original, çà change des traditionnels tee-shirts. J’aime pas trop la couleur, mais bon les gouts…
Le parcours est affiché sur une bout de carte IGN: on dirait que c’est un peu plus court que prévu (je dirais plutôt 41-42km plutôt que 43 km)
Surprise je retrouve un des gendarmes du peloton de montagne de Xonrupt Longemer: c’est un véritable avion de chasse le Sylvain. Il discute avec Stéphane Brogniard, qui est l’organisateur (doublé d’un super coureur) Dawa Sherpa est là: super sympa il se prête à toutes les sollicitations, un vrai monsieur.
07h30, le départ est donné. Je pars très prudemment. On commence par 1km de bitume qui nous amènera au pied de la première cote: c’est la montée vers la Roche St Martin. Environ 1,5km pour 250 m de dénivelé positif. Il ne faut pas se griller d’entrée. Surtout qu’après une courte récup il faudra remonter à la Ronde Tête…
Je monte au train en alternant marche et course. Les premiers sont certainement déjà très loin.
Tiens voilà déjà le sommet… Je ne me suis pas grillé c’est tout bon. Une dernière rampe de 30 mètres (on doit être à 25%) et voilà la roche: un gros monolithe de 30m de large sur 5m de haut, que du grès rose des Vosges façonné par la nature, superbe, et une belle vue sur l’agglomération de SAINT DIE. 200M de descente pour reposer les jambes et on reprend la montée jusqu’à la Ronde Tête. Après c’est un kilomètre de bonheur par le Sentier des Amoureux. Le revêtement est génial: mélange sablonneux et d’aiguille de sapin, un vrai tartan…Le sentier reste idéal pour remonter vers le pied de la Roche de l’Enclume: c’est du mono trace pas encore trop technique et super agréable pour les jambes. On garde la vue sur la plaine, comme ce n’est pas trop difficile on peut relever la tête et profiter du spectacle: la météo est très bonne et il ne fait pas trop chaud. Je ne suis pas encore très à l’aise dans les descentes: j’ai très peu couru en sentiers: sur les hauts de Gerardmer, la neige vient seulement de disparaître et je ne suis plus habitué à gambader dans les rochers… D’ailleurs je commence à faire le yoyo avec un autre concurrent: il me largue dans les descentes, je le reprends dans les montées. Il me demande si on peut faire un bout de chemin ensemble et quels sont mes objectifs: je lui réponds que je veux juste finir et la cerise sur le gâteau serait aux environs de 05h30. On chemine donc en discutant un peu marathon et Trail « court » puis voilà la remontée vers la roche d’Anozel: il souffle fort puis je ne le revois plus: je pense qu’il me rattrapera dans la longue descente vers le premier ravito.
Nous voilà donc à un petit carrefour de chemins: juste au dessus un petit sentier qui monte réellement vers la Roche d’Anozel: lorsqu’on sera de retour ici il y aura près de 35km de fait…là on est au km …07 une paille… Cà y est c’est parti pour la plus belle descente de la journée. Le sentier est super roulant, mais je me refuse à lâcher les chevaux, je veux arriver et surtout gérer la suite de la course… Le ravito arrive vite. Je ne m’arrête pas, je prends un gel, et mon camelback est encore bien plein. Évidemment mon interlocuteur m’a doublé dans la descente…. On traverse la route on a quitté le parcours du 19 km. C’est parti pour la boucle supplémentaire de 24 km…
On va donc remonter vers la Pierre de Laitre. Superbe roche (toujours de grès rose des Vosges) avec une vue sur Taintrux et les différents « petits » sommets par lesquels nous passerons bientôt…Je retrouve encore une fois mon camarade de jeux. Je le dépasse lorsque la pente se fait un peu plus saignante. A ce moment là je me demande par où ils vont nous faire passer pour redescendre: lors de ma reco en suivant le tracé trouvé sur internet je suis passé en quasi desescalade pour retrouver un bout de chemin bien plus bas… Je me dis que je n’ai pas du voir le début du chemin…Arrivés au sommet, on est à 10,6km on me fait un sourire deux encouragements et on m’indique la direction: surprise c’est celle que j’ai prise lors de la reco… Et une corde s’y trouve… C’est donc bien là, je ne m’étais pas trompé…. Bon c’est un vrai régal pour qui aime la montagne mais certains vont certainement se faire un peu peur. Je dévale ensuite la pente et me mets un peu de terre dans les chaussures. J’enquille derrière un autre coureur et partons dans le chemin. Lors de la reco, je me suis trompé à un aiguillage avec un chemin de débardage; surtout ne pas me louper… Je suis donc le coureur qui me précède qui au bout de 05 minutes me demande si on ne s’est pas trompé…Je n’y crois pas rebelote… Alors je lui dis de me suivre: la route est juste en dessous de nous: on coupe à travers forêt sur 150m: c’est super épais… On débarque à 30 mètres du chemin normal, les spectateurs sont tous surpris de nous voir là… Bon on a rien gagné au contraire: mon comparse de tout à l’heure est juste là…Il faut que je lui demande son prénom.
On traverse la route, juste à gauche c’est Taintrux. Après un peu de faux plat çà va être le deuxième des trois gros morceaux de la journée: la montée vers Roche Trois Jambes…Pas loin de 5km et 270 m de dénivelé: pas super raide mais long avec des petits passages sympa…Ça devrait bien me convenir…Je me sens toujours très bien , surtout ne pas m’emballer, bien penser à m’alimenter et surtout à boire… Je me retrouve au sommet beaucoup plus vite que prévu….Là çà va être faux plat et compagnie, pas vraiment mon domaine de prédilection… Je manque de rythme, mais les cuisses sont là, résultats d’un bel hiver en ski de rando mais il va falloir travailler le reste… D’ailleurs si je me suis retrouvé un peu seul à l’arrivée au sommet, çà revient très fort: deux « anciens » (c’est relatif: j’espère que vers la soixantaine, comme eux je serais encore capable de courir à ce rythme…) en chaussures de « route » sont juste dans mes basques: ce sont des habitués des marathons qui ont beaucoup de rythme, suivis d’un troisième larron avec qui je discute un peu: il me parle fatigue: sa femme vient d’accoucher je le félicite….Puis il part, mais je m’y accroche…
Les sentiers alternent chemins larges et mono traces, c’est maintenant assez vallonné. C’est idéal: roulant, un peu technique mais super agréable: j’adore. Surtout rester à mon rythme et ne pas me laisser griser par l’impression de facilité: il reste deux beaux morceaux sur cette partie avant la redescente vers la route et le deuxième ravito: Pierre de la roche (un super petit site d’escalade) et Chastel où apparemment nous attend une surprise… Effectivement, la montée de la Pierre de la Roche est dure mais pas trop longue et assez technique, tiens les deux anciens routards me dépassent???? Je devais rêver et n’ai pas fait attention: mais quand est ce que je les ai dépassé???? J’ai déjà pris deux gels je vais manger une pâte d’amande histoire d’avoir un peu de solide… Je n’ai pas trop oublié de boire çà va. Par contre il faudra que je fasse le plein au prochain ravito, le camel devient méchamment léger… Plus de signe de mon comparse du début: est il devant ou derrière??? Peu importe, mon but est juste d’arriver….Après la descente raide de la Pierre de la Roche (mais courte) çà se calme un peu… Mais voilà la montée vers Chastel: c’est bien raide de nouveau… La question est de nouveau: par où va t’on descendre??? A ma connaissance il n’y a pas de chemin… Et j’ai gagné… Au sommet revoilà une main courante, dans un passage qui sert à lancer le bois débardé… Il faudra encore se vider les chaussures en bas… Tout çà est très ludique… J’aime… Revoilà le chemin, çà va descendre jusqu’au prochain ravito puis encore de la descente après: je viderai mes chaussures au ravito.. qui arrive relativement vite. Bon grosse pause: je bois, fais le plein et vide mes chaussures. Je regarde le Garmin, je suis sur un temps d’environ 05 heures à l’arrivée… J’espère que çà va le faire.
Il doit rester 18 ou 19km. La descente roule jusqu’à la route: avec « LE » passage de la course: le cours d’eau d’à coté à pris le chemin pour nouveau lit, c’est remplissage des chaussures assuré. J’avais dit que je passerais dans la forêt mais tant pis, ce n’est pas si désagréable que çà et puis il commence à faire chaud… On traverse la route qui va de Corcieux à Taintrux et çà remonte un peu… J’ai l’impression que mon Camel est bien léger…. N’aurais je pas mis assez d’eau??? Je vérifierai au prochain ravito. J’ai les cuisses qui tirent un peu sur l’arrière, mais çà devrait aller…Je retrouve mon « jeune papa » on fait un petit kilomètre ensemble, je suis entrain de reprendre pas mal de monde. Là juste après, je sais que çà va redescendre, vu mes bonnes sensations çà devrait être sympa. On arrive vers le 27 ème km… Je m’élance pour sauter au dessus de cailloux… Et là mes cuisses disent stop, çà crampe… Je n’y crois pas: je n’ai jamais eu de crampe aux cuisses… Je trottine mais çà veut pas repartir: je crie un gros M…. mon compagnon me demande ce que j’ai: je lui explique. Il me dit de m’arrêter et de m’étirer où je vais le payer. Lui il part il est dans le rythme. Je ralentis encore et fais bien attention à ma foulée. Je bois abondamment et espère que çà va repartir…
Je fais donc 500 mètres tranquille et réessaie. Mais c’est encore pire. Tant pis je m’arrête. Je m’étire me pose et prend le temps. J’ai surtout très mal à la cuisse gauche même si la droite n’est pas en reste… Il y a du monde qui repasse…tant pis
J’arrive à repartir mais pas trop vite, j’ai vraiment peur que çà me refasse mal. Je trottine et me dit qu’au pire je finirais à ce rythme. Allez c’est bientôt du super roulant: c’est le GR533 qui passe au col d’Anozel et rejoint le tour du Kemberg: c’était mon terrain d’entrainement lorsque j’habitais à SAINT DIE: c’est du super roulant en mono trace jusqu’au troisième ravito…Sauf erreur…Et elle est de taille… Le seul bout que je n’ai pas reconnu…. Un vrai mur… Pas long, peut être 200 m, je ne sais plus trop, mais on est au moins à 25%: comment ma cuisse va faire pour supporter çà… J’adorerais avoir mon lectreur mp3….
Je me résous donc à faire des lacets pour soulager ma cuisse… Je n’aurais jamais imaginé une telle cote dans ce bout là…Hallucinant…
Ouf je suis en haut allez c’est reparti…Là çà roule tranquillement jusqu’au ravito (33ème km normalement)…
Je ne sais pas combien j’ai perdu de temps mais peu importe, maintenant il faut arriver en bon état c’est tout. Il reste le troisième gros coup de cul de la journée pour monter jusqu’à la Roche d’Anozel (environ 2,5 km pour 280m de dénivelé) après ce sera du vallonné puis la longue descente vers l’arrivée…
Après avoir bien bu et refait le plein (mon camel était vide!!!!) je repars, je trottine mais dès que çà monte un peu raide et que je se suis en vraie extension je sens que les crampes ne sont pas loin. Je marche donc dès que çà s’accentue. Je double deux concurrents et me fait doubler par deux autres… On rattrape quelques concurrents du 19km qu’on a retrouvé au ravito. Un passage bien technique et raide et voilà le sommet. A la sortie de la forêt, le soleil est bien présent et il fait franchement chaud: pas bon pour moi…

J’adore ce qui vient: on va pouvoir faire parler la poudre, un peu vallonné, jusqu’à la roche du Kiosque et une longue descente facile…. Mais au premier coup de cul: pan, impossible de relancer, çà crampe de nouveau. Je m’arrête de nouveau. Re étirements je suis fou furieux….Ceux que j’ai doublé dans la montée me re-doublent et m’encouragent…Au bout de 3 minutes je peux repartir… Je trottine çà va mais je marche dans les deux ou trois petites montées, qui se passent normalement en relance. Je vais faire comme çà jusqu’à la Roche du kiosque. Allez maintenant le sentier est génial pour la descente: sablonneux à souhait en monotrace. Je me teste un peu, je cours correctement mais sans accélérer… Au bout d’un kilomètre je tente d’accélérer: même pas la peine… même si je sens que çà va mieux. Un autre « ancien » me double: il m’encourage, « allez jeune tu y es, çà va le faire… » .Je regarde ma montre, allez si çà tient çà devrait être bon en 5h20. Finalement les jambes tiennent jusqu’au retour sur le mac adam. J’arrive même à accélérer de nouveau, finalement ,je suis un peu en avance, voilà le pont au dessus des voies ferrées, si j’accélère encore je dois même faire quelque chose de sympa…
J’entends le speaker, j’avance à grandes enjambées, revoilà mes cuisses qui fonctionnent, je passe la piscine, et voilà la Tour de la Liberté… Allez accélère, encore, encore… 5h14’39 « … Ça y est j’y suis… Ouah le top…
Je suis heureux, un quart d’heure d’avance sur les 05h30, génial. Je me demande combien j’ai perdu à cause des crampes… Mais bon tant pis je suis bien content… Je navigue au milieu des autres concurrents, bois un coup et appelle ma femme et les enfants qui sont restés à la maison en ce jour de fêtes des jonquilles…
Après un peu de recup et d ‘étirements, ce sera la douche à la piscine. Je retrouve Sylvain, qui a finit …5ème à 20 minutes de Dawa qui a finit son galop d’entrainement en 03h40…
Finalement je termine 79 ème sur 170 à l’arrivée (mon dossard était également le …79: à croire que j’étais prédestiné… » Après un très bon repas(bien qu’un peu lourd), je discute avec d’autres concurrents. Je n’ai plus qu’à rentrer à la maison retrouver ma petite famille…. Une grosse pensée tout de même pour l’organisation et les bénévoles : bravo et merci pour cette superbe course.
Après exploitation du parcours du Garmin sous différents logiciels, je suis plutôt à 42km et environ 1900 m de dénivelé +/- au lieu des 43 et 1700+/- annoncés: à peu près la même chose en terme d’effort finalement…
Pour ceux que cette course attirent: c’est une succession de montées/descentes, qui bien qu’assez roulantes sont bien casse pattes. La plupart des gens rencontrés disent que ce trail est bien plus dur que par exemple le Trail de la vallée des lacs à Gerardmer qui est pourtant bien plus long et comporte plus de dénivelé. Je ne peux évidemment pas confirmer cette impression: la vallée des lacs sera un gros objectif en 2010….Mais pour moi c’est un très beau trail, très agréable qui nécessite une bonne préparation et que je conseille vivement à tout le monde.
En conclusion, ce qu’il y a de dément c’est que je ne me sens pas du tout détruit comme après un marathon sur route. Par contre mon genou droit me fait mal sur l’arrière: sans doute une conséquence de mes crampes, mais c’est une autre histoire. Je vais m’en apercevoir dans les jours à venir…Prochaine étape: le marathon du Mont-Blanc….

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