25 avril 2010 – Trail des Roches – St Dié des Vosges (88)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 47 km Dénivelé positif: 2100 m Dénivelé négatif: 2100m

« ils sont fous ces déodatiens… »

Le récit:

Çà y est c’est reparti pour une nouvelle édition du Trail des Roches.
Cela fait donc un an que j’ai fait mon premier vrai Trail ici même. Depuis j’ai acquis une petite expérience que j’espère mettre à profit aujourd’hui. La préparation a été un peu perturbée par mes douleurs à l’épaule mais cela ne devrait plus être qu’un mauvais souvenir. Il va donc me manquer les séances de fractionné nécessaires à la relance sur la fin du parcours. D’autant plus que les traceurs nous ont annoncé une élévation du niveau: + 4kms et 400m D+. Les connaissant çà va être du lourd. La grande inconnue est mon degré de récupération du Trail du petit ballon et des excès faits jusqu’à une semaine du départ: pas bien, pas conforme du tout à mes habitudes…
Allez on se concentre sur la course… Tout commence à 03h45, réveillé par du bruit dans la maison, je ne parviens plus à m’endormir. Je n’aime pas trop ces sensations. Tant pis je me lève et me prépare. Un départ vers St Dié à 06h00, tranquilou, à la fraiche.
A mon arrivée, je me dirige vers la tour de la liberté. Je retrouve Manu. Il semble en forme, on discute avec quelques connaissances: Julien, Aurélien et Steph (les deux traceurs), Dany etc… Je rencontre même Aldo, avec ses béquilles qui semblent bien revenir de ses blessures. Le rituel est bien en place: accrochage du dossard, petite ballade en guise d’échauffement, petit tour dans la salle F. Mitterand et là BOUM!!! Je me retourne et me prend un pilier en pleine face. Je m’éclate joliment le front. Je me frotte et me retrouve les mains plaines de sang. J’espère que l’arcade n’est pas éclatée. Je me regarde dans un miroir. Une belle bosse, deux belles entailles dont une juste au dessus de l’arcade: la course à failli s’arrêter avant le départ… Ouf. Je retrouve Manu qui discute avec Arnaud (2ème du 19km) puis on se dirige vers le départ. Petit briefing, on nous annonce les changements, les différents bouchons semblent être résorbés, et il va falloir en garder sévère pour les nouvelles difficultés.
Cette année le vrai départ est donné sur le pont de la Meurthe, histoire d’éviter le premier étranglement. Çà y est c’est parti. Je suis en milieu de peloton, les jambes m’ont l’air pas mal. Je ne suis, pas impérial mais correct.
Bon voilà la passerelle au dessus des voies de chemins de fers: comment ont ils fait pour éviter les chicanes??? On prend donc les escaliers, bonne idée, en bout de passerelle idem, on sort à gauche par les escaliers, bien vu les organisateurs.
Ma première impression est que si les premiers coureurs sont à peu près au même niveau que l’an dernier, derrière le niveau me semble plus dense, plus haut…
On arrive assez vite au pied de la cote qui va nous mener à la Roche St Martin. Je suis sur un rythme bien tranquille, je vais essayer de faire une course raisonnable, comme au petit ballon, mais en me retenant encore un peu plus, bien tranquille au moins jusqu’au 25ème km.
On attaque la montée. J’aurai Manu en visu jusqu’au sommet. Je m’installe derrière celle qui sera la deuxième féminine à l’arrivée et garde la future première en visu également. Je fais la montée en alternant marche rapide et course, tout va bien. Si mes sensations sont bonnes la plupart des gens qui m’entourent sont ceux que je vais certainement retrouver à l’arrivée.
Voilà le sommet, on redescend et je mets à courir, direction la ronde tête. La 2ème féminine me semble plus forte que moi sur toutes les parties roulantes: inutile de vouloir la suivre. On arrive assez rapidement à la ronde tête, plus de Manu en vue. On attaque la descente: difficile de se retenir. Il me semble que je suis bien moins costaud que l’an dernier en montée mais je me sens beaucoup plus facile en descente: il faudra trouver un juste compromis…Sur le chemin assez large qui arrive nous nous retrouvons un petit groupe de 5 ou 6 coureurs. Nous allons jouer au yoyo pendant quelques kilomètres. Voilà déjà la petite montée vers la Roche de l’enclume que j’affectionne particulièrement. Les jambes y répondent bien: c’est bon signe. D’une façon générale je me sens bien détendu et serein, pas d’affolement, bien à l’écoute des sensations: de bon augure pour la suite. Tout se déroule bien. On arrive au premier ravito des Censes de Grandrupt. Je ne m’arrête pas. Nous y sommes en 1h03: 2 minutes de moins que l’an dernier. Il va falloir que je ralentisse un poil si je veux tenir jusqu’au bout. Je m’alimente en montant vers la Pierre de Laittre. Je profite du paysage.
Voilà la Pierre, on redescend par la main courante, mes compagnons de route sont surpris de la descente. Au pied de la cote, on repart vers le col de Climont pour aller chercher la Roche de Froidefontaine et ensuite le sommet suivant. Il s’agit de la première nouveauté. Çà monte raide, la descente sera du même tonneau, quasi « dré dans l’pentu » comme disent les organisateurs: çà promet pour la suite. On passe à Rougiville pour aller chercher le sentier du Rotary: moins de bitume que l’an dernier, bonne idée. Tiens d’ailleurs le voilà Aurélien, c’est là qu’il m’annonce que la dernière réjouissance lui est due: le traite de cochon… C’est dans la montée vers Roche Pierre Trois jambes que je sens que je ne suis pas impérial, que je manque de cuisses: je suis un tout petit peu haut au niveau cardiaque. Nous sommes en foret, mais je constate que le soleil est bien haut et présent, çà va être dur dans une ou deux heures… Je sens que çà ralenti devant, la pente se radouci, je me sens bien. Je vais essayer de voir comment je tiens. J’ai une très bonne période: je passe assez facilement la Pierre des Roches, j’enchaine jusqu’au Chastel (site préhistorique). J’y retrouve la main courante et sa descente un peu casse binette mais sympa. Çà va le faire jusqu’au deuxième ravito. Là on se retrouve à une bonne dizaine de personnes. Je suis très surpris: seuls les plus anciens prennent le temps de discuter de faire le plein en eau, de manger tranquillement. Les autres sont dans une vraie logique de course: optimisation du temps, etc…D’ailleurs la plupart de ceux que j’ai dépassés au cours des derniers kilomètres repartent plus vite que moi, je ne les reverrai plus. Je refais donc le plein du camel, tranquilou, prends le temps de bien m’alimenter et repars sur un rythme moins soutenu mais correct. On arrive très vite à la rivière et à la route. Il commence à faire franchement chaud. Au sortir de l’eau, je me découvre un bon échauffement sous le pied gauche et une douleur que je n’aime pas dans la cuisse gauche: les crampes ne sont pas loin. Je constate qu’avec la fatigue mon pied gauche « rentre » de plus en plus, c’est ce qui me tire sur la cuisse. Çà remonte après la route. Je m’arrête, vide les chaussures et change de semelles: j’enlève les orthopédiques et remet les originales. Je me concentre sur ma foulée et m’oblige à me détendre. Il faut que je reste lucide. Je prends une pastille de sel qui me fait le plus grand bien. Là j’ai vraiment chaud, j’essaye de relancer dans un petit coup de cul: çà ne réagit plus. On a passé les 30 kms. Je me sens collé au chemin. Déjà cuit??? Tant pis, je me dis que ce n’est pas grave: il faut juste gérer maintenant, jusqu’au bout. Il faut résolument oublier toute notion de performance (cela fait déjà bien longtemps que je devrais l’avoir assimilé).
Allez, on passe en mode « auto »: lecteur MP3 et petite foulée détendue. Bon on est dans le secteur « made in Steph Brogniart ». On descend vers Sarupt. C’est marrant, c’est pile poil le chemin et la route que j’ai prise l’an dernier en reco (je m’étais planté) par contre çà ne me rassure pas pour la suite. Car pour le moment c’est un peu trop facile connaissant l’énergumène… Jusqu’à ce que… la voilà, la montée, bien raide, bien assommante…Il y a là deux anciens, coureurs trailers depuis des années. L’un d’eux à quelques crampes. On monte en marchant, en discutant de ces nouveautés. Steph doit avoir les oreilles qui sifflent…On va enchainer les circonvolutions dans ce secteur de St Léonard, courtes descentes et remontées, dans des sentiers de coupe, limites de parcelles etc… J’aurai d’ailleurs bien du mal à retrouver le parcours si je m’y aventurai seul…. Je consulte mon GPS…et je vois les km qui s’accumulent. Il m’étonnerait fort qu’il n’y est que 45kms… Surtout que… Nous revoilà au pied de la montée de la Bource… Bandes de cochons, ils ne nous en ont même pas fait cadeau… J’arrive encore à en rire…Je me traine « tranquillement » jusqu’au GR 533. De toute façon, je suis cuit. Je reste lucide, mange et bois quand il faut, un peu de sel, et me rafraichit aux sources rencontrées. Je ne cours que dans les parties planes et descendantes et encore pas trop vite. C’est là que je réalise combien il me manque de séances de fractionné pour relancer. Il va falloir en bouffer pour Le Trail de la Vallée des Lacs qui sera mon premier vrai objectif de l’année.
J’arrive cahin caha au dernier ravito. Je sais déjà que je ne pourrai pas monter à la Roche d’Anozel en trottinant, pas plus que je ne vais pouvoir m’éclater dans la descente sur St Dié. Il me manque des cuisses et je souffre de la chaleur. Cette chaleur me cloue au sol, c’est la première de l’année. Mais bon tant pis, de toute façon, sauf accident, je verrai l’arrivée. Je bois un verre de coca et un d’eau au ravito. Je n’ai jamais oublié de boire ni de m’alimenter, malgré toutes les difficultés, je reste étonnement lucide sur mes capacités et sur ma course, je suis simplement… réaliste. Une première en Trail.
J’attaque donc la montée. Je vois quelques coureurs un peu devant moi, mais ne cherche ni à les suivre ni à les rattraper. Je sens qu’il ne me manque pas grand chose pour relancer et éventuellement trotter dès que la pente s’adoucit, mais la chaleur m’oppresse malgré le sous bois, et j’ai toujours cette sensation de rester collé au sol. En plus je sens que les crampes (cuisse gauche) ne sont pas loin. Alors je prends mon mal en patience. Je vais encore me faire doubler par trois ou quatre concurrents dans le dernier coup de cul qui mène à la Roche d’Anozel, dont un « ancien » qui passe en petite foulée, impressionnant….Voilà le sommet. C’est là que le sais que je suis vraiment cuit. Il me manque un mois de bonne préparation, peut être aussi le contre coup du petit ballon. Je ne le saurais pas vraiment. Bon y a plus qu’à. Je fais un bon kilomètre en courant, sans grande vitesse, quand patatras. Je m’étale de tout mon long. J’ai du mal à me relever, la jambe entrain de cramper. Je m’étire et repars. Je passe les 2 derniers coups de cul avant la Roche du kiosque. Cà y est plus que de la descente. Un autre « ancien » me rattrape, je veux le laisser passer, me trouvant très lent dans cette descente où je devrais m’éclater, mais franchement je me trouve toujours « collé » par le soleil. L’ancien me trouve pourtant assez alerte, mais j’insiste pour qu’il passe.
J’arrive tant bien que mal au bitume. Le passage de la passerelle se fait à l’ancienne: je la monte en marchant.
Juste après je retrouve un ami, qui m’attend, fondeur de haut niveau, Hervé qui a fait le 19. Il a terriblement souffert de la chaleur, encore, comme moi, habitué à la fraicheur géromoise, où l’hiver vient à peine de finir…
Ça y est voilà l’arrivée, ma femme et mes enfants m’y attendent. Je franchis la ligne avec ma fille, mon fils et un de ses copains. Un ancien a fait le forcing pour me doubler peu avant la ligne…
Je suis assez cuit, et finirai par récupérer après la douche. Je discute avec Julien et ses copains. Il finit 2ème en mettant 45 minutes de plus que l’année dernière. Tout le monde est unanime, course assez dure qui faisait en fait un peu plus de 47kms et 2000 m D+. Il y a en tout une quarantaine d’abandons ou d’arrivées hors délai sur 210 inscrits. Je rencontre encore pas mal de connaissances: Nono avec Ice, Cat, Dan etc…
Finalement je mets 6h13. Je pense qu’avec un peu plus de fraicheur je serais descendu juste sous les 06h. Je termine 74ème: correct sans plus, et sans importance. Manu 35ème me mets 30 minutes.
Je sais maintenant ce qu’il me reste à faire: du fractionné, du gainage, et une gestion des 15j d’avant course, fidèle à ce que je fais d’habitude.
Mon fils a fait sa toute première course. Parmi les plus petits il a eu beaucoup de mal à suivre les premiers, souvent âgés de 2 ou 3 ans de plus et déjà habitués des clubs d’athlés. Mais il est heureux de sa médaille et de ses cadeaux. Je suis très fier de lui et de son courage. Merci aux organisateurs d’avoir pensé à ces petits loups.
Je finirai la journée autour d’une bière bien sympa avec Hervé et nos familles. Maintenant place à la récup et un grand bravo aux organisateurs et aux bénévoles pour cette superbe course.

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