31 janvier 2010 – Rainkopfraid – La Bresse (88)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 15 km Dénivelé positif: 1500 m Dénivelé négatif: 1500m

« La course de ski alpinisme dans les Vosges: que du plaisir… »

Le récit:

Samedi réunion briefing préparatoire à la course du lendemain. Toutes les pointures du secteur sont présentes. J’annonce la couleur, j’y vais pour voir mon coéquipier Gilles ne sera pas présent sur la longue, heureusement cette année on innove : course en solo. La couleur est annoncée, il a neigé, plein pot tout est gavé. Pas besoin de baudrier ni de crampon, on remontera le couloir de Blanchemer les skis sur le dos mais en toute sécurité. Les bénévoles ont fait un boulot d’enfer pour tracer et sécuriser la redescente du Rainkopf au Pferey. Le parcours a changé : 1500m de dénivelé positif pour environ 15km en montées et descente sur les chaumes et dans les bois: je préfère les parcours plus raides mais on fera avec.
De toute façon, le but pour moi est de me faire plaisir et d’arriver la notion de course passe au 3ème plan. Je vise les 3h-03h30 (les premiers seront certainement en moins de 2 heures).
Dimanche 9h le départ est donné au Pont de Blanchemer (proximité de la station de ski de La Bresse – Vologne). Il neige, il va neiger par intermittence toute la matinée. Environ 65 concurrents sur le grand parcours et une quinzaine sur le petit (700m de D+). Les avions sont partis en courant. Je me cale à mon rythme de diesel, il s’avère que je me mets derrière la 1ere féminine pour ne plus la lâcher jusqu’au sommet du Rainkopf (environ 450 D+). Je galère à enlever les peaux, la veste etc… trop chaud et pas assez d’entrainement. On redescend en passant par le col du Rothenbach. Je la rattrape dans la descente vers le vallon de la Thur. Je remets les peaux. Et suis reparti : le tuyau du camelback est gelé … Heureusement que j’ai une petit gourde dans le sac… Là la miss me distance un peu dans la succession de conversion, çà revient fort derrière. Je ne peux pas pousser sur les bâtons avec mon épaule. Je me dis que je suis un peu dans le rouge et que çà va encore être long. Je lâche du leste…On arrive au parking près de la Borne Vosges/Alsace sur la route des Cretes avant la redescente : on renlève les peaux : plus fluide, çà revient.
La descente dans les bois est géniale : excellente poudre comme il n’y en a pas souvent dans les Vosges. Une grosse faute de carre et je mets la cabane sur le chien : manque de décontraction, je n’ai pas assez skié cette saison. J’ai beaucoup de mal à me relever, la jambe coincée dans la neige. Je rechausse, et abandonne toute idée de résultat : le but se faire plaisir, que du plaisir. On arrive à proximité du lac. Je bois, remets les peaux, c’est reparti. Là c’est conversion et compagnie de nouveau : je manque de lucidité, je m’emmêle les bâtons et les skis. Un gel et un bon coup à boire, çà va mieux.
Arrivée vers la route on redescend vers le couloir de Blanchemer. Je pense que je suis dans les profondeurs du classement, je skie depuis peu avec la coéquipière habituelle de la 1ere femme : elle n’est pas bien aujourd’hui, mais a un rythme qui me va vraiment bien.
Au pied du couloir, un concurrent demande si on est loin de l’arrivée : il veut abandonner, il n’a plus qu’une peau qui tient. Je lui en prête une, il refuse d’abord et je le motive en lui disant : çà m’embêterai de gagner une place sur abandon. On fait le couloir ensemble. A mi chemin il faut mettre les skis sur le sac. Aujourd’hui pas besoin de crampons, vu la neige il y a de supers marches d’escalier faites par les premiers. Sur la crête on ne voit vraiment plus rien : heureusement que le balisage est excellent. Le timing pour passer en position descente est de nouveau bon : je suis plus coordonné dans mes gestes. Le début de la descente dans la combe est un peu bizarre : on y voit vraiment pas grand-chose, je la connais par cœur, mais on a l’impression de skier dans du coton. Je m’éclate quand même. L’arrivée au point de contrôle est un peu folklo : il y a 7 ou 8 personnes, je me loupe sur une bosse et évite les gars de peu… je me plante dans la neige comme une m…. mais tout le monde rit. Pas de mal.
Je ressors les peaux et veux boire : la petite gourde est vide, je bois à même l’ouverture du camel : je m’en mets partout mais çà fait un bien fou. On repart : dernière montée. La on va rejoindre le point de la course des crêtes Vosgiennes que j’aime le moins, de Firstmiss (pied du Rainkopf) vers le Kastellberg. A la borne 1288, on enlève les peaux. Les deux contrôleuses sont super courageuses, par ce temps de pôle Nord. On échange deux mots et c’est parti pour environ 3km de descente dont le premier km est dans les bois dans une poudreuse toujours géniale. Il faut simplement tirer plus à gauche ou droite de la trace principale qui est complètement râpée : heureusement que je connais bien le coin. Quel pied. Après on reprend la route de Blanchemer : çà glisse tout seul jusqu’à l’arrivée.
J’arriverai au Pont de Blanchemer en 03h20. Heureux, bien fatigué. Je ne me suis pas mis trop dans le rouge et ai pris un gros pied. Le gars à qui j’ai prêté une peau est arrivé il y a peu, il est super heureux, pour un peu il me sauterait au coup… Je suis 38ème sur environ 65 au départ. Je ne sais pas combien il y a eu d’abandons: mais apparemment pas mal. Vincent, un collègue est 7ème en 2h18. Normalement je devrais être à environ 20-30 minutes de lui. Le premier est en 1h59 : un vrai pro du ski alpinisme qui a plusieurs participations à la Pierra Menta à son actif. Gilles mon éventuel coéquipier sur la grande est 1er senior sur la petite il a débarqué au dernier moment.
Finalement La première femme met 2h38 et la félicite. Le casse croute d’après course est sympa : lard grillé, saucisson, fromage, vin chaud : une vrai ambiance de refuge. Je gagne un tout petit truc à la tombola…Un peu de fart… les sacs Millet me faisaient bien de l’œil… J’appelle ma femme après le podium : normal c’est elle qui assure toujours pour que je me régale… Allez je rentre à Gerardmer. Les photos prises par l’organisation seront sur leur site : j’espère quelle seront aussi géniales que celles de l’année dernière. Un énooorme coup de chapeau à l’organisation et aux bénévoles
Ce soir à 19h30, même pas mal aux jambes et pas de grosse fatigue : je tiens le bon bout.
Promis je reviens l’année prochaine.

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