21 mars 2010 – Trail du Petit Ballon – Rouffach (68)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 47 km Dénivelé positif: 1800 m Dénivelé négatif: 1800m

« ne nous soumet pas à la tentation… »

Le récit:

Samedi, je rentre de Paris, pour une fois j’ai été raisonnable et sobre : difficile de résister à l’appel des bonnes choses parisiennes. Rarement j’ai été aussi détendu avant une course. Je me dis que çà devrait aller, puis petit à petit la pression s’installe : je parle difficilement d’autre chose que de la course à venir et que j’ai été barjo de m’inscrire sur aussi long avec aussi peu d’entrainement. Cela fait depuis janvier que mon épaule droite m’ennuie sérieusement et que je n’ai pas pu m’entrainer sérieusement; j’ai donc promis de faire la course en entrainement. Objectif, finir, et si possible en moins de 06h.

Dimanche, 06h45, je suis réveillé depuis 04h30… Manu me récupère : super sympa d’avoir fait le détour jusqu’à la maison. J’apprécie vraiment. En passant par le col de la Schlucht, la météo n’est vraiment pas terrible : brouillard et pluie. L’antique rivalité Vosges Alsace est affichée dans la voiture (rires) j’annonce à Manu en rigolant qu’il va faire beau une fois le col passé… Et effectivement, cela s’ouvre un peu…On voit que sur le Petit Ballon la neige a vraiment fondu au cours des 10 derniers jours.

Nous arrivons à Rouffach. On croise quelques connaissances amicales : Micka, Rémi, Julien, Danny, Steph, un autre Manu émigré sur Paris qui finira 13ème du circuit des grands crus etc…Toujours très sympa de voir tant de monde avec un tel état d’esprit. Le monde du Trail est vraiment super sympa.

Le départ s’approche. Avec Manu nous nous calons en fin de peloton et c’est parti. Je pars un poil plus vite que Manu, mais reste vraiment en dedans. Je me sens vraiment facile au niveau cardiaque et je reste bien lucide. Je n’arrête pas de remonter du monde, mais pas d’affolement. D’ailleurs j’ai rarement été aussi détendu pendant une course, pas de pression, tout va bien. Au bout de quelques kilomètres, Manu me dépasse, il s’est encore moins entrainé que moi, mais semble bien. Je continue à mon petit rythme sans m’affoler et sans essayer de doubler absolument : la sagesse m’aurait elle attirée en son sein ???

Mon épaule me gène à chaque fois que les parties roulantes sont un peu longues, mais en pensant à étirer mon bras çà passe bien. Le ravitaillement d’Osenbach arrive. Je bois un grand verre d’eau, en prenant le temps de me poser et repars. Je sais qu’il y a 12 kms de montée relativement facile et roulante hormis l’éventuelle neige : il faut que je gère.

Je rattrape Manu un ou deux kilomètres plus loin. Nous allons passer une bonne vingtaine de kilomètres ensemble, en se séparant parfois sur quelques centaines de mètres. Je lui décris le parcours au fur et à mesure. Le bruit des voitures me gène franchement : c’est aujourd’hui la ronde du Florival. La proximité d’un rallye et d‘un trail me fait un peu tiquer mais bon il en faut pour tous les gouts.

Le Col du Firstplan arrive vite. Je me surprends toujours à être facile. Je n’ai pour ainsi dire pas regardé ma montre : bien, bien… On contourne le col, j’ai un tout petit coup de mou. Je dis à Manu qu’il peut partir mais il ne veut pas. Tant pis, je m’alimente correctement : çà me fait du bien, je reviens dans le rythme.

On arrive avant le Boelensgrab, petit descente. Je freine les chevaux, la course est encore longue. Cà y est voilà le ravito. Un verre d’eau un peu de coca et c’est parti. Je sens Manu plus fort que moi. Il part devant, je vais l’avoir en visu pendant toute la montée.

A la vue de la neige j’hésite à sortir les yaktrax mais je sais pertinemment que le gain sera largement perdu en les mettant et les enlevant…Je regarde ma montre : on devrait passer au sommet en moins de 03h… Le bout de plat en direction du Ried est bien long, j’aurai nettement préféré monter au sommet directement… Nous voilà au col, petit coup d’œil sur ma chère vallée de Munster et j’attaque la montée. Objectif, recoller Manu qui est 50m devant. Je le rattrape lorsqu’on est en vue du refuge du Steinberg : souvenir du premier ravito des Marcaires….

Voilà le sommet, on a pris des grosses bourrasques de vent, mais la météo semble vraiment de notre coté : quelques gouttes en montant mais rien de méchant au contraire. Et là, une superbe vue sur la plaine d’alsace : grise mais contrastée, une vraie vision de cinéma.

En attaquant la descente, une question me taraude : est ce que « je fais la descente » où est ce que je m’économise ??? En attaquant les chaumes, l’envie est la plus forte. Je me lance : je me dis que je m’étais promis de faire çà en entrainement alors allez gars, vas y »… Je sais que je vais le payer au plus fort à partir du retour dans les Vignes mais tant pis…Je passe devant Manu et je file.

Quel pied !!! Les cuisses répondent présentes, les pieds aussi, ils trouvent bien leurs traces, les passages dans la neige sont un détail : je n’ai fait que courir dans la neige en entrainement donc çà va tout seul.

L’arrivée au Boenloesgrab se fait très vite.

Je m’arrête un bon moment : je complète le camel back, mange salé et sucré, un peu d’étirements. Manu m’attend, puis nous repartons. Manu prend les rennes jusqu’à la bifurcation vers le mono trace. Je vais repasser devant au bout de 5 minutes : je ne résiste pas à l’appel de la descente, dans ce chouette chemin. Sans forcer, juste en laisser filer les jambes, tout va bien ; je vais simplement ressentir mon épaule en approchant de Wintzfelden : je dois la délasser et l’étirer. Je me force également à ralentir, je sais que les Vignes vont être terrible après ma cavalcade… Effectivement, revoilà le plat et les remontées. Gros coup de mou : la barre fatidique des 4h de course approche à grand pas. D’habitude çà revient vers 04h30, je ne suis pas super inquiet, si ce n’est que sur tout l’hiver je n’ai fait que trois grosses sorties en ski de rando de plus de 3 h et une en course à pieds : pas sur que je retrouve les sensations…Manu est maintenant toujours une dizaine de mètres devant, mais ne veut pas me laisser… On va finir par arriver au ravito d’Osenbach ; je sais que la fin va être longue, mais, je sais que je verrais l’arrivée quoiqu’il arrive …(enfin presque…). Je reprends le temps de bien m’alimenter : surtout du salé en prévention des crampes.

On repart du ravito. Les cuisses sont un peu cuites, je suis optimiste çà va bien revenir…

On réattaque par une belle montée, pas trop raide. Les cuisses ne réagissent plus je monte en marchant.

Il reste une dizaine de kilomètres, voilà Yann qui me rejoint pour m’accompagner ; Il est un peu surpris que je sois déjà là. Il reste 2 petites difficultés : juste après le prochain ravito, puis la colline du matin… C’est là où l’année dernière au circuit des grands crus que j’ai pris une claque… Je crains vraiment ce bout. Une petite descente juste avant la remontée et je sens ma cuisse gauche qui crispe sur un mauvais appui, je sais que les crampes vont venir. Cà m’énerve…

On va monter tranquille, je n’ose plus tirer sur les cuisses, trop peur des crampes… Je vais donc aller à un petit rythme jusqu’au ravito. Manu m’a quitté il y a peu. Ceux que j’ai doublés dans la longue descente me repassent allègrement, mais sans regret, je me suis trop fait plaisir. Voilà le ravito, les moines sont là, je trouve leur présence super sympa. La vue sur la plaine est belle, le soleil va venir nous accueillir à l’arrivée. Un panneau annonce 7km300, je ne pensais pas qu’il restait si long. Je me sens à nouveau bien, mais n’ose vraiment pas allonger les jambes : peur des crampes. Après coup je suis sur que c’est une vraie erreur…

Voilà une petite descente, çà y est la cuisse gauche crampe. M…. Yann me dit que c’est au même moment qu’aux Marcaires, à la même jambe… Tiens çà me donne à réfléchir. Je me calme et réfléchi à ma foulée. Je déroule plus, çà passe… Je suis à peu près sur que c’est lié à la foulée. En ralentissant je raccourci la foulée, mais j’ai la cuisse presque toujours en travail. En réfléchissant à ce que je fais tout va bien, à méditer… Voilà le dernier ressaut sur la colline.

Lorsqu’on redescend, voilà un bout un peu plus raide, je crispe un peu et rebelote. Je m’énerve mais Yann me calme. J’étire et repars en réfléchissant à ma foulée, çà passe. Gros ras le bol, les crampes m’ont un peu entamé le moral qui était intact jusque là. Des spectateurs sont présents et on entend le micro de l’arrivée, j’avoue que je suis content d’être à la fin, physiquement je suis cuit. Je passe la ligne en un peu plus de 05h30. Je suis tout simplement heureux, et trouve encore la force de plaisanter avec les bénévoles. Je trouve Yann et Manu. Ce dernier me semble bien cuit. Il m’a quand même mis 10 minutes sur les 9 derniers kilomètres. On échange un peu sur la course avec un des organisateurs : sympa.

Nous allons quitter les lieux de la course assez vite, mais bien contents. Nous échangeons quelques mots avec Aurélien, un des organisateurs du Trail des Roches : il compte sur nous dans 5 semaines… A voir…

Finalement ce n’est qu’aujourd’hui lundi que je prends connaissance des résulats; je suis surpris, heureusement, par le classement : 163/490, je pensais être beaucoup plus loin, pas important mais çà fait du bien de savoir qu’après tout on n’a pas tout perdu…

Bilan : une belle course, un peu trop roulante à mon gout, mais les chemins sont excellents et l’organisation vraiment efficace. Je trouve juste le départ un peu trop tard (09h). Il va falloir que je travaille un peu la VMA, pas mal les cuisses et la foulée, le fractionné et le gainage. Que de travail… Par ailleurs je suis trop juste au delà de 4h de course, mais suis sur la bonne voie. Egalement il faut que je conserve cette attitude d’attente sur au moins la moitié voire les 2/3 du parcours etc… Mais malgré tout çà je suis bien content, je me suis surpris agréablement et si la suite de la saison se passe comme cette course, se sera parfait. A suivre peut être au trail des Roches…

Enfin, une grosse pensée pour ma femme qui assure tout le quotidien pendant que je me fais plaisir: je lui dédie cette course et l’embrasse bien fort.

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