09 octobre 2011 – Trail des Marcaires – Muhlbach (68)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 48 km Dénivelé positif: 2100 m Dénivelé négatif: 2100m

« les histoires de fée se finissent toujours bien… »

Note préliminaire:

La plupart photos qui suivent dans le récit sont l’œuvre et la propriété de © Mickael Henry et © L’Alsace en Courant. Retrouvez les albums et reportages complets en cliquant sur les liens.

Le récit:

Dimanche 09/10
05h, je suis réveillé. J’ai passé une nuit très moyenne, résultat des excès des jours précédents et notamment de l’anniversaire du filleul de Fred … Je finis de préparer mes affaire et prend mon petit déjeuner. A 6h, Pauline fait un cauchemar et je me recouche un peu. Je dors comme une masse lorsque le réveil sonne. Une fois à la cuisine : surprise, le temps semble clair, on devrait même avoir du soleil. J’échange la veste gore tex contre un coupe-vent à capuche : c’est toujours 150g de gagner dans le sac…
J’embrasse ma belle et pars à pieds vers le départ, avec, tel le chaperon rouge, un petit sac sous le bras contenant les dossards de mes acolytes, et le futur garmin d’Arnaud. Aujourd’hui je me dirige vers une course très cool, ma saison est faite, pas de pression.
En arrivant à Muhlbach les rencontres commencent, il y a Steph B. avec Manu M. et leur compagnon Daniel G. , Rémi, Micka, Jeff, Nicolas de l’Alsace en courant etc… Arnaud arrive, je lui remets la montre etc… Bref que du beau monde…
Cette année, le départ ne part plus devant le musée de la Schlitte, mais directement devant la salle de sport. Je me cale, pas trop loin de la première ligne avec Rémi. On échange quelques mots et Micka vient nous rejoindre. Un court briefing fait par Jeff et c’est parti. Les premiers sont partis comme des balles. Je suis tranquille comme d’hab. C’est certainement les premiers kms où il va falloir que je progresse sur ces Trails qui vont de plus en plus vite…

On passe rapidement le sentier de la carrière pour nous retrouver sur le bitume. J’explique les alentours à Micka qui mitraille à tout va. Voilà la première montée, nous sommes à moins de 300m de l’étang paternel. Je suis assez cool. Je sens que les jambes ne sont pas là, il va falloir gérer. Surtout que la montée vers le Rothenbrunnen ne sera pas la même qu’il y a 2 ans : certes je ne suis pas perdu mais je me demande par où ils vont nous faire passer… Nous voilà déjà au Keffaï : ah je retrouve les paysages de mon enfance, depuis qu’ils ont enlevé tous ces genets. On a passé des jours, des semaines, des mois sur ces hauteurs… J’ai beau essayé de relancer, l’arrière des cuisses ne réagit pas. Je n’arrive pas à me mettre en mode « course », je me trouve désordonné, et perds de l’énergie. Je décide de sortir le mp3 pour me concentrer.Ah voilà la différence de parcours : nous partons à droite sur le chemin qui n’existait pas il y a 25 ans : bonne idée, il est très sympa, il faudra que j’y revienne en VTT avec Hugo. .. C’est marrant j’ai l’impression de ne pas avancer, que tout le monde est beaucoup, plus facile que moi ???? D’ailleurs mon prédécesseur a même le temps de s’arrêter prendre une photo sans que je puisse le rattraper ??? Pourtant en regardant le chrono, je sais qu’on est bien plus vite que je le ressens. Nous rejoignons rapidement le gros chemin qui monte depuis Mulhlbach.

Les coureurs qui m’entourent ne cesse de courir alors que j’alterne toujours marche et course : où ils ont tous plus forts que moi ou partis trop vite ??? On rejoint rapidement le sentier qui monte vers le Steinberg, mais au lieu de monter directement au Rothebrunnen nous tirons vers la gauche : bonne idée également le chemin est bien plus agréable.

D’ailleurs voilà la route, nous allons la longer sur quelques dizaines de mètres avant une petite bosse où on retrouve Nicolas F. Après une petite photo, je prends le temps de manger un gel.

Je gère à l’expérience. Je sais maintenant ressentir quand il faut que je mange ou boive, quand je suis bien ou pas, comment gérer ces moments. C’est d’ailleurs ce que j’apprécie dans les Trails longs et très longs. Ces moments d’introspection où on sent chaque fibre de son corps et où il faut écouter ce que nous disent ces fibres. C’est aussi pour cela que je supporte si difficilement de courir longtemps avec des compagnons, dont la discussion me détourne de ma concentration, je suis un vrai ours uniquement en phase avec la nature ne supportant plus mes congénères…

On redescend alors vers le premier ravito. Je ne m’arrête pas : j’ai tout ce qu’il faut. A l’arrivée sur la route, je vois Hugo avec Fred et son père. Je fais juste un coucou et demande une pile pour mon mp3 dont je pense qu’il ne tiendra pas toute la course. Je dis à Fred que je ne suis pas dans un grand jour et j’enchaine, il parait qu’Hervé et Manu ne sont pas loin ???…

Ouf, je me dis que je vais pouvoir récupérer un peu sur ce bout un peu technique mais relativement plat. Mon prédécesseur, porte une veste jaune fluo, il perd son gobelet, je lui ramasse et tente de lui expliquer le comment du pourquoi j’ai remplacé le gobelet, et en sortant mon « pliage », je perds ma pile… J’essaye de la retrouver sans succès, j’ai perdu une petite minute, mais beaucoup plus grave il y a une pile dans la nature et M…. !!!
Voilà un petit bout de descente, je me dis que je vais sans aucun doute doubler les 2 coureurs devant moi !!! Mais non, ils vont aussi vite que moi. Je ne dois vraiment pas être en forme. Je vais d’ailleurs rester derrière l’un d’eux pendant les 5 ou 6 prochains km avant qu’il ne me lâche définitivement et me mette plus de 20 minutes à l’arrivée : une paille…

Nous voilà au carrefour des sentiers : nous ne pourrons encore pas prendre la ligne de crêtes par le Klintzkopff… Dommage… Heureusement le sentier coté vallée de Linthal est sympa. Tiens voilà Dany qui nous encourage !!! Ha : mince, voici le chemin. Bon en temps normal j’ai horreur de ce genre de chemin très roulant, mais aujourd’hui avec mes pauvres jambes, ça passe plutôt bien. J’arrive même à doubler 2 ou 3 coureurs. J’en vois d’ailleurs 2 autres dont je me dis que je finirai bien par les doubler. Et quelques centaines de mètres plus loin je les rejoins. Je n’en reviens pas l’un d’eux est Hervé ????? Qu’est-ce qu’il fait là ???? Il me dit ne pas être au mieux. Je lui réponds qu’il en est de même pour moi. Mais je suis tellement dans ma bulle que je repars. Je me dis qu’Il me rattrapera un peu plus loin, vu qu’en raison de ma forme je vais bien exploser à un moment ???
Je continue à alterner marche et course. J’hésite à manger du solide en préventif mais finalement reprends un gel. Un coureur avec un buff « UTMB » me double, il est parti encore plus doucement que moi mais semble très facile maintenant : un vrai Ultra Trailer, il va me mettre 23 minutes dans les 27 ou 28 km à venir, ce qui confirmera ma méforme du jour…
Nous arrivons au pied du pré avant le Breitfirst. J’y croise 2 ou 3 géromois en ballade qui me demandent où en est Hervé…
Allez gars encore un petit effort et ce sera le ravito avec la partie que je préfère de ce Trail.

Je rattrape encore un coureur, mais les autres sont bien trop forts. Il fait vraiment beau, il me manque les lunettes de soleil : qui l’eut cru ??? Voilà l’orée de la forêt. Je suis presque tenté de couper le chemin en direct. Quelle idée et l’éthique du Trail alors ??? Courir pour le plaisir, pour soi, pas pour la perf. C’est moi que je dois battre, pas les autres, foutu orgueil, tu mériterais de refaire un tour gratuit…
J’arrive assez vite au sommet et j’aperçois en contre bas Hugo et Mario. Ils m’encouragent, les  « allez papa » de mon grand font vraiment plaisirs. Aujourd’hui il avait dit qu’il serait sur la course qu’il pleuve qu’il vente qu’il neige ou qu’il grêle ??? Allez savoir ce qui peut se passer dans la tête d’un enfant de 8 ans. J’en rigole… J’entends des « aller le montagnard, allez Marc ». Un vrai fan club. Je tente un sourire qui doit avoir des allures de grimace. J’anticipe de décrocher mon sac pour faire le plein. On le fait à 2 avec Fred, on renverse un peu la poche. On échange peu de mots. Je repars en marchant, je n’ai besoin de rien.

Je fais 100m et m’énerve avec la fermeture du sac : le scratch qui maintient la poche à eau s’est entortillé, je m’énerve et perds du temps. Le coureur en fluo me demande si j’ai besoin d’aide. Non merci, et je m’énerve contre moi. « Mais bougre d’âne, calme toi, respire, regarde autour de toi tu y arriveras beaucoup mieux. Reprend ta volonté de course cool. ! » Je regarde autour de moi, le spectacle est magnifique, longue vue sur la crête où joue le brouillard. Je pense à la photo du blog de Steph B., voilà le Hanenbrunnen. Sandra et Valérie me doublent en voiture. Petit signe, grands sourires. Je me recentre. Je ne suis bon à quelque chose que détendu, alors je me relâche. Nous sommes sur la partie commune aux Crêtes Vosgiennes. Le sentier est plat. Je marche, je jette un œil devant et derrière, personne. Je prends le temps de sortir une barre à la banane. J’en mange un petit bout. J’enlève le mp3. Voilà le Schweisel. 3 coureurs sont devant moi. Je suis enfin détendu, à ma main. Je reviens sur eux tranquillement, les rejoins au Herrenberg.

Nous émergeons du brouillard, je pense « au père » qui connait chaque centimètre carré de ce coin… Voilà le chemin, on ne le coupe pas mais le remontons. Nicolas est de nouveau là. Je fais un petit saut de cabri devant l’objectif : à ne surtout pas recommencer : cela me déclenche des crampes dans les cuisses… Je ralentis, 2 coureurs me redoublent : aucune importance, je me sens l’esprit enfin léger.

Je teste un peu mes jambes. Bien que dures elles régissent plutôt bien. Bon signe. J’accélère un peu la foulée et le pas lorsqu’on remonte légèrement. La reco effectuée avec Christophe et Hervé me sert bien, je sais exactement comment je dois aborder telle ou telle partie. Là il y a de l’eau et de la boue : je passe à droite et rejoins un coureur qui revient de sa halte dans les bois…

Voilà le Steinwasen. Petit bout de barre, et je relance, encouragé par des marcheurs. Je pense à ceux qui sont passés la semaine dernière au Rainkopf Trail. Je rêve et me demande presque si je ne me suis pas trompé de chemin : ce serait le comble dans mon jardin ?!?! Je réfléchis à la suite. Légère remontée, un peu technique, avant la descente : miam. Voilà le petit bout de pré : deux vététistes me laissent la place. Je suis encore en train de me dire qu’il serait vraiment très simple de gagner quelques centaines de mètres… C’est signe que je ne suis pas si bien que cela dans ma tête et mes jambes… Allez fais toi plutôt plaisir. Pas besoin d’aller très vite, juste de laisser filer, ce sera déjà assez rapide. Et effectivement, ça l’est. Je rattrape le coureur en fluo, puis 2 ou 3 autres. Voilà la fin du couloir d’avalanche et sa croix. Les branches du débardage sont toujours là, de même que 3 coureurs que je double avant la légère remontée vers le lac de l’Altenweier.

Les troncs coupés il y a 3-4 semaines n’ont pas été enlevés. Je marche tranquille en prenant le temps de m’alimenter. Un peu de gymkhana dans les arbres. Je sens un des 3 coureurs qui me talonne… Et voilà le sentier qui descend de Firsmiss. Je relance pour arriver à la digue. Belle surprise au bout de celle-ci : je vois mon père avec Fred et Hugo. Je savais bien qu’il ne résisterait pas à la tentation : mais comment est-il monté ? Il n’a tout de même pas pris la jeep ??? Moment fugace très sympa : Fred me tend un coup d’eau… Je triche avec l’éthique du Trail… Je lui dis que j’ai mal aux mollets. Elle me dit que Guillaume est juste devant. Mais qu’est-ce qu’ils ont aujourd’hui tous ces champions ???

Je ne vois mes proches que quelques instants mais ça fait toujours beaucoup de bien. Je repars en marchant. Je remets un peu de musique, juste sur une oreille. Dans le premier lacet de la montée, Guillaume me fait un coucou. Je n’ai pas les jambes pour courir : je pense à Julien François qui a gagné l’an dernier en courant ici. Le coureur qui me talonne me revient dessus. Je mange un peu et accélère en détendant bien les jambes.

J’essaie de rester le plus lucide possible : manger, boire, rêver, dérouler les jambes : surtout ne pas s’asphyxier les muscles. Je rattrape Guillaume. On échange quelques mots, mais je n’insiste pas : parler à tendance à m’essouffler. Il me dit que la deuxième femme est juste devant.
Là, je me dis qu’en hiver, en ski de rando je serais entrain de couper les lacets, mais je n’envisage pas de la faire, car je me cramerais immanquablement. Je prends le temps de regarder la ligne de crêtes : des fois qu’elle ait changée en 15j…
Voilà le morceau de plat qui va nous mener au Kastellberg. On arrive rapidement à un passage très gras. Je passe au-dessus, en faisant le malin et en montrant le passage à mon suivant : résultat, je glisse vers la boue et décide d’y aller tel le sanglier moyen… Je relance. Maintenant il va falloir avoir les jambes pour courir jusqu’à l’arrivée. Voilà la ferme.

La deuxième femme Sandrine S. est arrêtée, visiblement victime d’une hypo. Des gens dont Sophie B. s’en occupent, je m’arrête quand même 2 secondes, mais ça a l’air d’aller : elle ne renouvellera pas sa victoire de l’an dernier.
Sandra est là avec Michel, Rachel …Je suis juste en équilibre entre forme et méforme, au bord des crampes, mais j’arrive à les gérer en m’alimentant et en déroulant correctement, pas simple.
J’entame le sentier, petit coup d’œil vers la vallée : j’adore vraiment cette vue. Je cours à ma main, et là un avion me dépasse. Comment fait-il pour aller si vite à ce moment de la course ??? La descente sur le Kerbolhz se fait tranquillement : je pense à Yann qui s’est étalé ici lors de la reco en 2009…
En rentrant dans la foret, je me dis qu’il ne faut pas que je m’emballe, la descente est technique et il ne faut pas que je me loupe avec la fatigue. Je rattrape assez rapidement un puis 2 coureurs, avant le morceau le plus difficile de la journée. Les cailloux sont bien glissants mais ça me va. On enchaîne les lacets dans les cailloux. Mon prédécesseur a tendance à couper, je vais m’amuser à le chercher « à la régulière ». Juste le temps de le doubler, et j’arrive sur 2 ou 3 personnes quasiment à l’arrêt dont un assiste un coureur blessé. Visiblement c’est l’épaule. Les secours arrivent. Je continue, en me concentrant bien sur les cailloux, et n’hésite pas à poser les mains. Ah voilà les secouristes, je suis rassuré. J’aperçois le chemin en contrebas et rassure mes 2 prédécesseurs qui n’aiment pas du tout ces conditions. On déroule sur le chemin, et j’aperçois déjà le ravito : il a été installé en contrebas de la digue. Je décide conformément à mon souhait du départ de compléter le camel avec 1/2l d’eau et repars immédiatement. Me voilà sur la digue. Je ne peux pas m’empêcher de jeter un œil vers les Spitskoepfe : toujours aussi impressionnant. Cet amoncèlement de rochers me tente et me fait peur. Je ne monterai jamais par-là : beaucoup trop dangereux, pourtant ça doit être grisant…

Allez il reste 100m de dénivelé sur ce sentier dont je connais chaque caillou. J’enclenche un morceau dans le lecteur mp3 et là je réalise qu’il me manque quelque chose ET M !!! MA MONTRE !!! : cette fois si, elle est perdue. Les derniers temps je mettais une sécurité sur le bracelet pourtant… C’est trop tard pour faire demi-tour. Elle est soit dans la dernière partie avant le ravito en posant les mains, soit au ravito lorsque j’ai enlevé mon sac. On verra à l’arrivée si une bonne âme me l’a récupéré. Ça va me gâcher un peu la suite, mais j’essaie de me re-concentrer. D’ailleurs me voilà déjà au lac du Shiessrothried. Du coup je n’ai pas vu passer la montée. J’arrive à la digue. Je vois, Bernadette la femme de Michel C. l’organisateur du Trail du Rainkopf. Je lui dis ma mésaventure et souhaite que son homme aille bien. Je n’ai même pas pensé à lui demander si elle avait fait une bonne balade.

Je n’aime décidément pas les 2 km à venir. J’y ai pourtant une bonne foulée, mais impossible de revenir sur celui qui est devant moi. Je repense au camion qui est tombé ici avec les militaires qui y sont décédés… Je me force à remanger encore un petit bout de ma barre, et finis par rejoindre 2 coureurs qui hésitent un peu sur l’itinéraire. Je les amène avec moi et rejoins le sentier qui va nous amener au Sillacker. « J’enquille à fond les manos » et me retrouve rapidement à l’ancienne ferme du Sillackerwasen le nouveau propriétaire a déboisé, sévère, c’est gras à souhait.

Là, tellement habitué du chemin qui me ramène à la maison, je ne vois pas le balisage qui normalement nous fait faire un petit détour. Je me retrouve sur le sentier au milieu d’arbres fraichement coupés. Je suis très surpris : qu’est-ce que c’est que ce cirque. ??? Les 2 coureurs me suivent toujours. Je coupe pour rejoindre le chemin du bas. Je me dis que j’ai dû louper quelque chose. 50m après, effectivement, je retrouve le balisage. Rien de dramatique, j’ai dû gagner 50m et il n’y a pas de coureurs à l’horizon : je n’ai rien volé ou presque…
Nous ne sommes plus très loin du Hinterberg. Ah, la bonne idée, les organisateurs ont enfin coupé le chemin, par celui de droite… Il faudra que je montre à Jeff le monotrace qui permet de couper encore un peu plus tôt que le bitume… Tiens voilà des têtes que je connais : ce sont Yolande et Gérard, les parents de Yann. Gérard (président du club où j’ai pris ma licence) m’annonce un coureur devant que je devrais rattraper. Je lui balance que ça n’a aucune importante. Je me lâche encore un peu mais sans grande vitesse. Je me retrouve à l’entrée du village, juste au-dessus de la maison d’un architecte connu de la famille… Un coureur me revient dessus comme une balle ?!?!Mais comment font-ils ??? On tourne à gauche pour passer par la Brandmatt. Je le retrouve alors arrêté en train de s’étirer victime de crampes. Je sens également mes mollets, je pense que je vais faire la même chose. Je m’arrête donc au niveau de chez « Ricky », paix à son âme et celles de « ses poules » les initiés comprendront…
Un coup à boire et ça repart… Passage devant la maison, virage à gauche, enchainement jusqu’à la gare : tout roule. Je vois au loin encore un coureur, trop loin et moi trop fatigué, je rends les armes, sprinter ne servirait plus à rien. On emprunte le sentier de la carrière et j’entends la sono. Je garde le rythme et y vais piano. Passage au niveau du « Tracuffa » (lieu de la montée impossible deux semaines avant) et voilà le gymnase. Un petit coucou à ma mère et ma sœur et voilà l’arrivée. Que de monde : Yann, Antoinette, Fred, Michel, Rachel, mon père, Valérie, Paul etc… Je prends la main d’Hugo et on franchit la ligne. Je suis bien usé. Fred me félicite et je lui montre mon poignet : elle est dépitée, plus de montre… On m’annonce 44ème. Finalement Fred avait raison je suis 41ème en 5h28. J’échange quelques mots et vais voir les organisateurs. Christophe a fini il y a déjà un moment (4h55), Hervé arrive pendant ce temps-là en 5h35, dégouté par ses crampes. Remi arrivera un peu plus tard : fatigué mais en plutôt bon état seulement 1 mois après son périple infernal. Je saluerai Greg. Michel a fait une superbe course en 6h : il fera un beau podium en v3 : quelle forme !!! Manu lui me met 1/4h : sur ce format de Trail il est vraiment costaud. Guillaume quant à lui finit enfin son premier trail grand format bien qu’usé par le Rainkopf Trail de la semaine dernière.
La journée se finira autour d’un repas Marcaire et d’une bière en bonne compagnie. C’est également la fin de ma saison de course pour 2011… J’ai même envie de dire que ce fut le début de la prépa de la saison 2012 qui s’annonce riche…
Un petit bilan ??? Je ne m’attendais pas à un aussi bon résultat aux vues des excès des semaines dernières et de l’état de mes jambes. J’ai géré cette course grâce à l’expérience maintenant accumulée. J’arrive maintenant à « sentir » en cours de course mes limites physiques ou celles de mon alimentation. Il va juste falloir que je travaille 3 choses :
1)Arrêter les excès et reperdre un peu de poids mais ce sera chose facilement faite après 2 semaines en région parisienne
2)Travailler le dénivelé en course et en général : là aussi avec l’hiver qui arrive ça devrait se faire assez facilement
3)Avant le départ des Trails de moins de 60km, il va falloir passer la vitesse au-dessus en allant s’échauffer une bonne demi-heure, afin de ne plus être obliger d’attendre l’heure de course pour enfin me sentir bien et en course…
Des remerciements ??? Aujourd’hui aucun, c’est trop habituel, je le ferais en direct aux intéressés, histoire de ne pas lasser le lecteur (hein ma belle…)
Et pour le mot de la fin : Pauline s’est laissée convaincre un jour que les dessins animés qui font peur se finissent toujours bien, sachez qu’il n’y a pas qu’au royaume des fées que les histoires se finissent bien, ma montre a été retrouvée. Je la récupérerai prochainement auprès d’un sacré montagnard qui j’espère se laissera convaincre par une petite mousse…

  1. #1 by CHRISTIAN (WANDERER) on 20 octobre 2011 - 2:36

    Bravo Marc,
    Belle course et beau récit.
    Moi aussi je suis comme toi, j’adore la solitude lorsque je cours. Je comprends tout à fait ce que tu ressens lorsque tu dis : « je suis un vrai ours uniquement en phase avec la nature ne supportant plus mes congénères… »
    Se retrouver seul et partir pour un beau voyage, c’est possible grace à l’ultra.
    « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage. »
    A bientôt.
    Christian

  2. #2 by Hervé Colard on 20 octobre 2011 - 7:47

    Salut Marc,
    J’ai l’impression de me répéter continuellement, mais encore une fois chapeau, non seulement pour les performances physiques, mais aussi pour le récit d’un local, ou les locaux reconnaissent également les petits clins d’oeuil publiés 🙂
    A bientôt j’espère, le bonjour 🙂
    RV&Co

  3. #3 by Manu M. on 20 octobre 2011 - 9:32

    C est toujours un plaisir de te lire,beau récit et félicitations pour ton dernier Trail de l année. Impatient de te retrouver sur un Trail futur et qui c est peut être sur un Ultra fin Août!!!! A bientôt traileur! Manu

(ne sera pas publié)