20 mars 2011 – Trail du Petit Ballon – Rouffach (68)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 47 km Dénivelé positif: 1800 m Dénivelé négatif: 1800m

« sur le chemin de la forme revenue… »

Le récit:

Dimanche matin, 06h30, je me lève. Je suis réveillé depuis presque 3 h du mat et ai juste dormi  par intermittence, résultat d’un semaine pourrie (en terme de sommeil) en région parisienne. Ça ne s’annonce pas trop bon pour les jambes : c’est souvent signe de crampes en vue…
Par contre le soleil est déjà là, ça devrait être superbe.  Ma’ame est prête pour le mini Trail de l’Âne. Nous partons pour Rouffach où nous allons retrouver Yann et Antoinette.
L’objectif du jour: faire au moins aussi bien que l’année dernière (5H30 alors que j’étais à court d’entrainement à cause de mon épaule). Avant le départ je croise Dany, Rémi, Manu, Alain et d’autres que j’oublie surement…


Yann et moi nous plaçons donc au départ. Le speaker annonce 600 personnes au départ. Les filles sont un peu plus loin pour nous voir passer. 9H00 le départ est donné. Je pars assez cool comme habitude. On attaque les vignes, d’emblée.

Rapidement je trouve que je suis un peu plus vite que d’habitude mais j’ai le mollet gauche tétanisé et j’ai du mal à le détendre. Les premiers kilomètres sont vraiment roulants, jusqu’au premier coup de cul au village de Westhalten. La pente est raide mais cool, elle nous rappelle une côte des templiers… Je suis toujours avec Yann. Je le trouve bien facile. On va passer pas mal de kilomètres ensemble. Il fait grand beau, on voit le Petit Ballon légèrement habillé de blanc: magnifique. Ça y est on est sur le plateau. Ce satané mollet ne veut toujours rien savoir. En plus dès que ça monte, je sens que j’ai les cuisses tétanisées, pas de souplesse, pas de réactivité, ça ne me plait vraiment pas. Je vois Manu un peu plus loin mais ça ne durera pas. Avec Yann nous discutons tranquillement tout en courant à un bon rythme. Certains nous branchent : « y en a qui ont du souffle… ». J’ai la nette impression que le niveau général a encore augmenté. Il y a d’ailleurs deux féminines devant nous qui avancent faciles à un bon rythme… Tiens les joueurs de cor de chasse sont toujours au même endroit : sympa.
On arrivera rapidement à proximité d’Osenbach. Yann me demande « on est parti vite ou on est en cannes?? » Je lui réponds en riant: « les deux »… Je décide de ralentir histoire d’essayer encore de détendre les jambes et de me refaire la cerise avant le plat de résistance du jour: la longue montée vers le sommet du Petit Ballon. Un verre d’eau au ravito et c’est parti.  Plus de douleur au mollet mais les cuisses n’ont toujours ni souplesse ni réactivité ça me gonfle… Je repars en trottant à un rythme correct mais pas aussi bon que ce qu’il aurait été il y a 3 semaines : pas grave juste un peu frustrant. Je fais une petite pause besoin naturel et Yann me dépasse. Il y a encore du monde aujourd’hui. Une quinzaine de personnes me re-doublent. J’ai encore plus la certitude que le niveau moyen des coureurs a encore augmenté : « hé bé va pas être facile de faire sa place là dedans (rires) ». J’ai l’impression de me trainer jusqu’au col du Firstplan (km 15.7).  Bon, en jetant un coup d’œil à ma montre je m’aperçois que finalement je ne suis pas si mal que ça même si ça pourrait être plus facile.  Là ça va être vraiment roulant jusqu’au prochain ravito du Boenlesgrab. (km 19.6), même si ça monte toujours. Je double quelques coureurs et retrouve une demoiselle en orange qui m’a déjà doublé deux fois. Mais je pense qu’aujourd’hui elle est bien plus costaude que moi.  Ah voilà un petit bout de faux plat descendant, ça me fait du bien aux cuisses… Le ravito est là très rapidement. Juste un verre d’eau et c’est reparti. Dès le petit sentier 10 m plus loin je sors mes mini sandwichs. La demoiselle part irrémédiablement : je ne la reverrai plus. Je continue à casser la croute, ça fait un bien fou. Un énergumène me rattrape : c’est Alain, je lui lance : « qu’est ce que tu fous là ??? » Normalement il est bien plus costaud que moi. Il me répond : « tu m’a doublé comme une balle tu ne m’as même pas vu pourtant je t’ai appelé… ». – « J’avais le mp3 sur les oreilles et étais déjà un peu dans le dur ». Tiens d’ailleurs Yann revient également… Je finis de casser la croute et repars à l’assaut. Je lance  à Alain qu’ « on se reverra très certainement plus loin »…Voilà le bout de plat vers le col avant la dernière ascension. Un peu de neige mais rien de gênant. Voilà déjà le col, le père de Yann est là et me tend à boire. Je lui dis que Yann est à 5 minutes maxi. La montée vers le sommet est magnifique : grand soleil et neige. Nico de « L’Alsace-En-Courant » (rencontré un tout petit plus bas qu’ici, aux Marcaires) est présent avec son appareil, les clichés seront surement superbes. Voilà déjà le sommet d’ailleurs. Je suis en 2h36. Il me semble être en 20 minutes de moins que l’an dernier mais pas sur… Là les arbres et les piquets sont totalement givrés : encore plus beau.
Je pars sur la descente. J’aimerais la faire aussi fort que l’année dernière mais je vais très vite m’apercevoir que je ne le pourrai pas. Je cours correctement et dépasse quelques coureurs, mais j’ai un gros coup de mou. La mécanique ne répond plus ??? Les jambes ne me tiennent pas bien (bon ça reste relatif, j’avance toujours…). Je manque clairement de foncier et de récupération à cause de la dernière semaine. Heureusement ça descend, alors je vais juste contrôler.
Revoilà le ravito du Boenlesgrab. Je m’arrête pour faire le plein d’eau. Je suis très surpris personne ne s’attarde, je bois un thé, un régal d’énergie pure!!!. Tous ceux que j’ai doublés dans la descente me repassent, ça pulse !!! Je repars en marchant, le temps de remettre le sac en ordre de marche. Je me remets à courir et sens que ça va nettement mieux. J’attaque la suite de la descente dans de bien meilleures conditions. Néanmoins je ne peux pas accélérer franchement. Les jambes sont toujours bien moyennes. Je laisse juste les jambes filer en contrôlant mais sans accélérer. Je double quelques coureurs pas très à l’aise en terrain technique. J’arrive rapidement à proximité de la maison forestière de Wintzfelden. Je lance un gros « et MERDE !!! » La boule monte le long du mollet gauche ça va cramper…. Je ralentis et me jette sur les pastilles Vichy. Ça va aller mieux mais je prends une grosse claque au moral, il doit rester 16kms.
Ça y est, voilà la fin de la descente. Un petit bout de plat : les cuisses ne réagissent pas. Je trottine mais pas bien vite. Voilà la montée vers les vignes. Je commence à penser coca ou thé, la fringale n’est donc pas loin.  Je prends le temps: nouveau sandwich et j’enlève mon maillot à manches longues. Ouah que c’est bon un peu de frais ! La force revient un peu à l’approche du ravito d’Osenbach. Là je vois, surpris, Manu qui quitte le ravito : qu’est ce qu’il fait là ??? Je bois un verre d’eau et repars. Il marche pas bien vite, je l’appelle et il m’attend. Voilà une petite montée où je me suis bien amusé lors de la reco avec Yann. Mais aujourd’hui ça ne veut pas… On monte en alternant marche et course. L’année dernière c’est dans ce secteur que j’ai insisté pour que Manu me laisse. On continue, je suis un peu sec mais je sens que les jambes reviennent doucement. J’accélère la marche à l’approche de la bascule sur la descente. Manu est encore là, mais je sens que sa présence est de plus en plus lointaine. Je ne lui ai pas beaucoup parlé : qu’il m’en excuse. J’ai avancé au boost de la musique. Je l’encourage, mais le lâche doucement. Je ne suis pas inquiet pour lui il est bien costaud. Je pars dans la descente, pas simple, je surveille mes appuis car les crampes ne sont vraiment pas loin. Tiens??? Je ne double personne??? Pas courant en descente?????
Ah voilà la remontée vers le haut des falaises. Ça se passe bien même si c’est en marchant. Je retrouve deux ou trois coureurs qui m’ont repris avant le dernier ravito. Je les double et attaque le mono-trace. Soudain, fatigue aidant, je bute dans une racine. Inévitablement la crampe est là. Je crie un grand coup mon énervement. Mes poursuivants me rattrapent et s’inquiètent de mon cri: « ce n’est rien ; juste les crampes… » Je continue en trottinant et en surveillant ma foulée. Le manque cruel de foncier se fait sentir. Voilà le ravito du monastère, j’adore cette ambiance de convivialité sportive liée à la méditation. Les trois coureurs que j’avais repris me reviennent dessus très fort.  La montée se passe bien : il reste 7 kms.  Bing, re-crampe et re-dépassement.  On continue, l’ancien qui est devant moi chute. Je m’arrête on discute un peu: il m’a doublé au 20ème km du trail des Roches 2009. Il a… 67 ans. Je me souviens très bien de lui, il fait ses trails en chaussures de route… Je suis vert, respect, je le félicite. Je me relâche et attaque la descente jusqu’à ce que les crampes me ré-attaquent une cuisse, ralentissement re-dépassement. Mais je parle à mes jambes, je leur dit que les crampes ne m’auront pas aujourd’hui : j’ai réussi à toutes les réguler assez rapidement, en continuant à trottiner, à grand coup de pastilles Vichy (si si c’est ça le secret)….
Ça y est voilà le plateau, ici je pestais l’an dernier également victime des crampes. J’appelle Fred et lui dis que j’arriverais bientôt. Voilà la descente dans les vignes. Je ne peux plus me lâcher : trop peur des crampes, je perds encore 3 ou 4 places, pas grave…  Voilà l’arrivée qui s’approche, je suis très content, de ma course vu mes jambes, je vais accrocher les 5 heures, Fred est là avec Antoinette et le fils de Yann, super sympa. Je passe l’arrivée.

Je suis juste en un peu moins de 4H59. Super, très content, je mets une demi heure de moins que l’an dernier, même si, grosse frustration, je dois perdre 10 minutes – ¼ d’heure en raison de la fatigue accumulée au cours de la semaine. Je perds certainement une place dans les 100 premiers, anecdotique, mais toujours sympa. (Finalement 114 ème/529 à 3’35 du 99ème). Je garde toutefois à l’esprit qu’aujourd’hui était une course de test pour voir ce que je dois travailler. Le premier objectif de la saison n’est que dans 10 semaines : la maxi-race (ex-Annecime).
Bon et le bilan alors??? J’ai clairement manqué de sortie longue et donc de foncier. Par contre le travail de qualité a payé. Je dois poursuivre et renforcer encore un peu le gainage. Prochaine étape St-Dié et le Trail des Roches. Reste à voir la distance… Fred, elle, a fait une superbe course pour un retour au sport (53′ pour 8,8km 250D+). Elle a vraiment repris il y a deux mois et sort d’une grippe même pas complètement guérie, je suis très fière d’elle.
Yann finira par arriver en 5H26 (215ème). Même s’il n’en est pas convaincu je sais qu’il a fait une belle course : tu as  encore quelques détails à régler sur ta gestion de course en multipliant peut-être les sorties vraiment longues (surtout et y compris en vélo route qui est ta partie) ceci pour mieux gérer et t’habituer à ton mode d’alimentation, et en positivant un peu plus : chaque fois que tu as eu un coup de mou dans une course, tu es bien revenu. Fie toi à ces expériences, des coups de mou on en a tous dans toutes les courses…

Et les autres ? Dany revient très fort dans le monde du Trail : 6ème, chapeau! David s’est bien amusé sur le 24km malgré un embonpoint hivernal certain: bien! Sur le long, Manu lui est en 5h28 (228ème) il a explosé sur la fin, vraiment dommage. Alain doit être 146ème en 5h10, il fait une belle fin de course.

Rémi est 194ème en 5h20 avec un physique qui revient bien. Un petit clin d’œil à Jeff (Kirchen) qui fait enfin sa première grosse perf (5ème). J’en oublie plein mais bravo à tous !! Tout cela me confirme d’ailleurs l’élévation du niveau: l’année dernière, bien qu’à court de forme en 5h30 j’étais 163ème, même si globalement tout le monde a gagné du temps (7-8 minutes pour les premiers) en raison de l’absence de neige et glace sur le haut. Le Trail se tire vers le haut (phénomène de mode toujours plus grandissant où les gens sont de plus en plus sérieux ???). A moins que le manque de neige ait permis un meilleur entrainement à la plupart des gens ??? Rien d’autres ? Ah si :  j’ai fait une belle rencontre d’après course. Manu la femme d’Alain, très sympa, si j’avais su qu’elle était là je lui aurai amené une boite de chocolats pour la remercier une dernière fois pour la montre…
Voili voilou, ce fut une course superbe avec une organisation sans faille, maintenant place à la récup et vivement la prochaine !

  1. #1 by ice on 22 mars 2011 - 7:26

    bravo pour ton recit et ta course et dis donc pour quelqu’un qui n’est pas en forme 😉
    j’espere etre des votre l’année prochaine

    a bientot sur un trail
    slt
    dom

  2. #2 by admin on 22 mars 2011 - 7:41

    Merci dom. Je n’ai pas dis que je n’étais pas en forme mais je sous entendais que je n’étais pas encore en forme optimale: ce qui fait une sacré différence même si ce n’est que de la sémantique… (rires). J’espère qu’on te verra aux Roches au moins sur le court

  3. #3 by FRANCOIS julien on 23 mars 2011 - 11:57

    Bravo à toi, bonne récup, ton récit me donne envie, à bientot j’espère

  4. #4 by admin on 23 mars 2011 - 7:22

    Merci, Julien, il me tarde de te revoir au meilleur de ta forme sur un trail à St Dié, j’espère…

  5. #5 by jeff on 26 mars 2011 - 3:10

    Bravo ! j’ai pris du plaisir à le recourir une deuxième fois par tes écrits , A très bientôt !

  6. #6 by admin on 27 mars 2011 - 9:06

    Merci: j’espère que tu seras au départ des roches…

  7. #7 by Jeff on 28 mars 2011 - 6:20

    Non avec grand regret car j’aimerai vraiment le faire ( Dany m’en a fait une bonne pub) . Je me fais opérer d’une hernie inguinale Lundi prochain. J’espère être de retour pour le mara trail du ballon d’alsace…

  8. #8 by admin on 29 mars 2011 - 5:54

    Dommage, en tout cas j’espère que tu reviendras vite en forme avec un prompt rétablissement!!!

(ne sera pas publié)