07 et 08 juillet 2012 – Un Tour en Terre de Jura (UTTJ) – St Claude (39)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 117 km Dénivelé positif: 6000 m Dénivelé négatif: 6000m

« Magnifica Terra Incognita… »

Le récit:

Vendredi 06 juillet, Je quitte Metz où je suis pour quelques semaines. Je vais rejoindre la Perle des Vosges pour y retrouver ma petite femme et Rémi pour nous rendre à St Claude, ville dans un coin du Jura que je ne connais pas. La route se déroule sans encombre où l’on se découvre un peu plus avec Rémi. Nous passons à proximité de Foncine le Haut qui me rappelle une fondue mémorable, puis se sont les Hauts Plateaux à proximité des lieux de la Transjurassienne. Nous arrivons à St Claude, capitale de la pipe, ville pas forcément très belle mais située dans un écran superbe. Ce soir ce sera, 15 ans après, redécouverte de la tente dans un camping municipal… Nous y retrouvons mes beaux-parents et mes enfants. Nous y retrouvons également Yannick et sa petite famille
Demain au programme la première étape d’un Tour en Terre de Jura. Pour une fois je ne me suis pas attardé du tout sur ce qui nous attend. Je sais juste qu’il est annoncé 58km pour 3800MD+. Jolie ballade en perspective, j’ai décidé de la faire en accompagnant Yannick. En effet, je ne veux surtout pas me cramer à quelques semaines du Grand Raid des Pyrénées, je veux juste me faire plaisir, découvrir une région et accumuler encore un peu de kilomètres et de dénivelé.
Samedi 07 juillet. Lever à 05H30. Je suis réveillé depuis quelques minutes déjà. Petit déj et c’est parti pour le lieu du départ. Après avoir récupéré les dossards nous déambulons et rencontrons quelques connaissance : Yann S. Joel C. avec son frère, le Bressaud Yan J. … Il y a tout de même un peu moins de monde que l’on connait que sur les courses régionales…


7h, c’est parti, un bisou qui s’envole vers ma belle et les jambes se mettent en route. Je pars très décontracté, sans aucune pression ni question. Nous entamons par un petit passage dans les rues qui me rappelle curieusement le départ des templiers. Nous restons bien en dedans, j’en profite donc pour admirer le paysage. On sent qu’il va faire chaud aujourd’hui. Je trottine tranquillement, en discutant et en me calant sur le rythme de Yannick. Je sens les jambes vraiment faciles. Lorsqu’arrivent certaines monotraces, il nous faut patienter et prendre un ticket. Mais aujourd’hui pas d’impatience. Le sol ressemble aux premiers chemins de la maxi race, relativement glissant. Nous cheminons ainsi jusqu’au Mont Bayard. Je trouve Yannick pas mal du tout. Je n’ai aucun doute sur ces capacités physiques, son souci c’est vraiment l’alimentation, qui lui joue des tours à partir de 3, 4 heures de course. Arrivés au sommet, la vue est très sympa. C’est alors la première descente, dans des monotraces des plus sympathiques. Nous arrivons rapidement à un premier petit ravito. On y trouve pourtant saucisson et fromage etc… Je m’y régale rapidement avant de croiser des coureurs qui remontent ???? D’où viennent-ils ??? Nous poursuivons et découvrons alors les gorges magnifiques de l’Abime, je regrette de ne pas avoir pris d’appareil photo. L’eau y est translucide, nous alternons passages sur des passerelles, monotraces ludiques et sentiers escarpés. Nous remontons et recroisons les coureurs. Je vois Joël et lui dit qu’il va en prendre plein les mirettes. Revoilà le point du ravito, où je rebois un petit coup.
Il est alors temps de remonter vers le Crêt Giraud. Les chemins sont un peu moins ludiques. J’ai tendance à accélérer, je dois lever le pied et penser à Yann, même s’il n’est pas mal du tout. Je l’encourage tout de même à manger et boire régulièrement. On croise un coureur à qui je dis que ce n’est pas bien de couper en plaisantant, mais Yann n’est pas certain que ce ne soit pas vrai… Tiens une rubalise en travers d’un sentier alors que les points bleus continuent ??? On rappelle des coureurs partis dans l’autre sens. Apparemment un mauvais plaisantin c’est bien amusé… Nous poursuivons toujours en forêt pour alors retrouver une ligne de crêtes des plus sympas. Le paysage est superbe, le sentier également. Je m’amuse comme un petit fou, pas trop vite, juste ce qu’il faut pour vraiment me faire plaisir. Nous passons au Crêt Pourri, la mécanique tourne comme une horloge. Nous commençons à voir les barres de St Claude. Nous allons arriver au bout d’une première boucle avant de véritablement partir vers Mijoux. La descente sur la ville se fait par le terrain de Rugby local : il doit y être très agréable d’y jouer dans un cadre pareil. Par contre le chemin en bitume tape un peu. Yann est un tout petit peu à la peine, mais c’est bientôt le ravito. Pour le moment, nous sommes au plus bas de la ville. Il nous faut remonter une bonne cote pour retrouver l’abbaye lieu de départ de la course. Cette côte pique un peu, on y retrouve nos enfants et familles : instant privilégier.

Je rentre dans la grande tente, prends le temps de faire le plein, je mange du saucisson et du fromage, m’occupe de mes chaussures et ressors. Ma petite famille est là, j’ai droit à quelques clichés. Mais pas de Yann. Je retourne alors vers la tente, il prend son temps, pas de souci. Il me dit que je trépigne : pas complètement faux, mais pas grave du tout au contraire, au moins je me pose et prend le temps de la plaisanterie avec mon fils qui s’éclate avec les jets d’eau. Nous repartons alors en marchant. Le pont qui suit est haut perché et offre une belle vue sur une gorge où coule un petit torrent. Nous quittons alors la route pour entamer une montée assez dure vers le Mont Chabot (400D+ pour 1,5km). Dès les premiers lacets, je sens Yann, dans le dur. Je marche en discutant, mais ne l’entends plus. Il commence à faire vraiment chaud. Je m’applique à bien tirer sur les jambes et les bras avec les bâtons. Yann a le souffle court et commence à avoir le masque. Je l’encourage à faire des pauses à y aller tranquille, nous finissons par arriver à un replat, malheureusement ce n’est pas encore le sommet, je ne connais pas du tout le profil de l’étape d’aujourd’hui. Heureusement l’organisation nous en a remis un : nous ne sommes plus loin du Haut, Yann va pouvoir récupérer. C’est alors que je me retourne et voit Rémi qui est déjà là. Il me surprend très agréablement. Certes nous avons bien ralenti mais jusqu’à présent nous n’avons pas perdu beaucoup de temps ??? Comment fait-il avec aussi peu d‘entrainement ? Apparemment sa douleur va plutôt pas mal : c’est la bonne nouvelle du jour. Il nous lâche petit à petit. Yann m’encourage à faire un bout de chemin avec Rémi et de l’attendre plus haut. Je rattrape donc Rémi, mais je vois que la suite est encore dure, je préfère donc patienter et avancer de concert, Rémi nous quitte donc pour faire sa course. Petit à petit nous arrivons sur le haut de la montagne, et nous retrouvons dans la forêt. Yann est au plus mal, il ne peut plus manger, il a envie de vomir, son moral prend également une claque, il n’avance même plus sur les légères descentes. On finit par se poser près d’un bénévole avec qui l’on discute, aviron, course, Vosges et Jura. Nous tentons de repartir au bout de quelques minutes, mais ça ne revient pas. La courte crête sous la forêt est un peu vallonnée et devient un vrai supplice pour mon compagnon de route. Ouf on commence à redescendre, il devrait récupérer, mais il n’en est rien. Ça ne va vraiment plus, il me dit plusieurs fois de partir. Je ne l’ai jamais vu aussi mal. Je finis par me décider, je vais plus bas pour prévenir nos femmes qu’au moins l’une d’elle soit au ravito pour éventuellement le récupérer. Je m’en vais tranquillement mais en m’en voulant de le laisser. Heureusement que je sais à quel point il est encore solide et puis la croix rouge est juste là au cas où… J’accélère donc, nous sommes au kilomètre 31. J’appelle Fred, pour moi tout est pour le mieux. Elle va prévenir Antoinette, le ravito est tout près du camping où nous logeons.
Je me lâche un peu, mais me méfie de cette facilité, il va s’en suivre la montée la plus dure des 2 jours de course. J’arrive donc au ravito. J’y retrouve Antoinette, je lui dis que je ne suis vraiment pas sûr que son homme puisse finir vu la difficulté de ce qui s’annonce. Pour moi il reste 20 km et au moins 1500mD+. Je lui dis qu’elle est la seule à pourvoir trouver les mots qui le convaincront comme à la CCC.
Je prends le temps de bien m’alimenter et surtout de boire et faire le plein. Je repas en marchant, tranquillement et fini de me restaurer tout en profitant de la nature qui m’entoure même si maintenant il fait très chaud et lourd.
Ça y est je suis au pied de la principale difficulté. Comme à chaque fois on trouve un petit panneau avec la distance et le dénivelé à venir, soit 700mD+ en 2,1km. Hors de question de s’y bruler les ailes. Je ressors donc les bâtons et m’emploie à monter de façon bien déliée et de façon régulière.

Je sens que j’ai l’estomac trop contracté, je pense que je commence à payer les conséquences de la chaleur, heureusement que les jambes sont vraiment faciles. Je regarde la montre régulièrement pour ne pas accélérer même si la tentation est grande à chaque fois que je double un coureur. J’entends soudain de drôles de grésillements j’hésite sur le type d’animal qui les émets… Mais non, perdu, il s’agit d’une ligne à haute tension… brrr… Je n’apprécie pas trop le passage, j’accélère alors tout de même un peu pour retrouver les crêtes au plus vite. Ouf voilà les Hauts. On retrouve un aspect du Jura que je connais mieux avec ses Hauts plateaux. Un petit bout de bonne femme avance d’un bon pas, je ne parviens pas à la rattraper, je me force à boire et à manger, cela devient difficile avec la chaleur. Je sais pourtant qu’il faut que je le fasse, heureusement que je suis détenu et lucide… Le paysage s’ouvre à nouveau, j’aperçois enfin une allure que je connais. C’est Rémi, il se retourne, je lui fais signe. Le bougre il n’a pas perdu de temps… Je reviens sur lui tranquillement. On échange quelques mots, j’hésite à rester avec lui. Il va bien…. Je repars et me lâche un peu. J’ai le droit de me tirer un peu dessus pour les quelques kilomètres qu’il reste : une quinzaine
Nous voilà au milieu des prés. Je ris en m’approchant des vaches à qui je parle pour qu’elles me laissent le passage. J’adore ce plateau, ouvert de tous côtés. Je me force encore à manger par toute petites portions, je ne suis vraiment pas habitué à la chaleur, il v falloir s’y faire pour les Pyrénées…
Je retrouve la forêt. Fred m’appelle, il doit me rester 2 ou 3 kilomètres. Le terrain est encore assez gras, je me laisse aller dans la descente sans forcer sur les jambes. Je vois les premiers toits du village de Mijoux en contrebas. Ambiance de montagne avec son télésiège au fond.

Dans le village l’accueil est des plus sympas, encouragements, cloches qui sonnent, un vrai bonheur. On remonte encore un petit coup pour atteindre l’arrivée. Le dernier virage, je retrouve mon fils, on finit ensemble, le vrai Pied…




Je finis en 9h47. J’ai été facile toute la journée si ce n’est l’estomac et la chaleur. Je bois et m’étire, récupère. Rémi va arriver un peu plus tard il me semble en bon état. Yann est reparti : il va peut-être se battre jusqu’au bout : il m’épate. Nous rentrons donc à St Claude pour la nuit. Une bonne séance d’étirements avant une pizza bienvenue avec famille et ami, le tout avant de m’écrouler de sommeil pour une nuit bien méritée.

Dimanche matin, 08 juillet, réveil à 04h30. Je dormais pourtant tellement bien, c’est si rare avant une course…
Après le petit déj nous nous dirigeons vers Mijoux pour retrouver le départ. Il pleut, le départ est décalé d’une demi-heure en raison de l’orage. Apparemment cela va évoluer vers le beau. Yann nous a tout de même rejoint, il y a quelques minutes il n’avait pas l’air particulièrement motivé… Pour ma part je décide de faire ma course sans pour autant me « tuer les jambes ». Aujourd’hui il est annoncé 52 km pour 2500D+.

07h24, les chevaux sont finalement lâchés. Je pars doucement pour remettre les jambes en route. Étonnement je n’ai pas mal du tout. J’ai juste un gros orteil un peu échauffé protégé par de l’élasto ainsi qu’une ampoule au talon sous compeed. Nous repartons sur la fin du circuit de la veille. Dans les premiers mètres, je suis tout de même surpris par une douleur aux abdominaux. Je me force à respirer profondément pour détendre le tout. C’est vraiment ce domaine qu’il va me falloir travailler aux cours des 7 prochaines semaines. Je monte tranquillement en alternant marche et course. La pluie cesse progressivement. Je me trouve facile et cool et arrive rapidement au sommet de la première cote. Nous retrouvons un plateau, nous allons donc quitter le parcours de la veille. Dans cette première descente, le terrain est encore plus gras que la veille. Cela me va bien, j’ai mis des chaussures en gore tex, un peu plus rigides que mes habituelles, le pied y est bien. Mais à peine me dis-je que je suis à l’aise que je me retrouve sur les fesses, il va donc falloir être attentif… Allez on repart. Nous sommes pas mal en forêt avant de retrouver une zone herbeuse. Je suis surpris, devant moi je reconnais Yann S. Il est normalement bien plus costaud que moi. La différence de taille est qu’il a fait une belle course la veille alors que pour ma part j’ai été facile : il a mis près d’1h30 de moins…
Je le laisse donc et vais rapidement retrouver le premier ravito. Je prends le temps de manger plusieurs rondelles de saucisson et du pain avec un verre de coca : un vrai casse-croute. C’est reparti le long de l’eau. Je ne sais pas grand-chose du parcours d’aujourd’hui. Juste qu’il est globalement bien descendant à partir du 29ème km. C’est maintenant très légèrement vallonné, et nous voilà sur un large chemin plat. Il dure et se poursuit sur du bitume. Oh que je n’aime pas ça. Je rattrape un coureur, je vais le surnommer « Craft », et je râle en lui demandant si ça dure longtemps comme çà. Il me répond qu’il croit mais que vu mon rythme je n’ai pas de souci à me faire. Je me souviens alors que j’ai le profil en poche et le consulte. Au bout du plat il y a un vrai bon coup de cul. Alors je m’y prépare, d’ailleurs le voilà. Le temps de sortir les bâtons et de manger un petit bout, quelques coureurs me redoublent. C’est effectivement assez dur. Je trouve que je ne vais vraiment pas bien vite en montée, mais tant pis, je me cale à un rythme régulier et me fait lâcher par mes 2 prédécesseurs. Un coureur « mal rasé» me rattrape, je me trouve vraiment lent mais ne peux pas aller plus vite. Nous sortons de la forêt, c’est le haut de la cote, revoilà un petit répit. Finalement je rattrape quelques coureurs : mes compagnons récents sont peut être juste des costauds ? La pente s’adoucit, je range les battons, je gère de mieux en mieux les phases où ils me servent vraiment. Un virage à gauche, un coureur dépassé et je retrouve un grand pré. Une pâte d’amande, je prends le temps on me redouble. Aujourd’hui je suis zen, peu importe qu’on me double, ça va le faire. Un nouveau coup de cul et on va attaquer maintenant une jolie descente. Là c’est mon domaine. Un sous-bois bien gras, un peu technique, je peux me lâcher. Je rattrape quelques coureurs dont « mal rasé » et même « Craft ». Ah, ça remonte ? Juste un petit coup de cul, il devrait y en avoir quelques-uns maintenant. Je crois savoir qu’on va vers un sommet où on doit pouvoir admiré les Alpes toutes proches. Quelques arbres, un sous-bois, qui succède à un pré, et un petit coup de cul à la « crêtes vosgiennes » bien glissant et on avoisine le sommet. Nous sommes au Crêt de Chalam. Malheureusement nous sommes dans le brouillard : quel dommage. On retrouve quelques bénévoles. Ils nous encouragent, comme tous les autres ils sont vraiment au top, souriants et super disponibles. Je jette un œil au paysage bouché et entame la descente, après avoir échangé quelques mots avec « UTTJ » qui est assis sur une pierre. Ça glisse franchement, surtout dans les quelques marches d’escaliers en bois. Mais ça passe bien et ???? Tiens déjà un ravito ??? Un bénévole m’aide à faire le plein de la poche avec de l’eau pétillante. On discute : très sympa. Je prends du saucisson, il n’y a pas de pain, j’attrape donc quelques tucs et repars en marchant. Un peu de route, et on tourne vers un pré. Je m’accroche un peu dans un portique. Fait quelques mètres, je sens que les bâtons bringuebalent… et crie : ET MEEERDE !!! J’ai perdu un bâton. Normal me diront les habitués : un trail sans perte pour moi ce n’est pas normal, il faut que je vainque le signe indien… Je regarde aux alentours sans les trouver. On rentre à nouveau en forêt. C’est gras à souhait, parfois carrément boueux. Ce sont des conditions que j’aime : une petite pensée pour Julien F : à croire, que plus les conditions sont pourries mieux je suis… Cette descente passe vraiment toute seule, je suis surpris de mon aisance pour une deuxième journée de course avec autant dans les pattes ??? J’ai juste un peu de mal à manger : les abdos et l’estomac sont un peu trop contractés. Mais je suis assez lucide pour prendre le temps de manger et boire malgré tout. Je double « pantalon de pluie » et « salomon bandeau » et voilà un coup de cul dont je sais qu’il va faire mal. Dès le début « pantalon de pluie » et « salomon bandeau » me redoublent. Ils me demandent si ça va : oui, j’ai juste perdu un bâton alors j’y vais cool. Heureusement cette cote n’est pas très longue. J’ai tout de même le temps d’y constater que généralement je suis plus constant que les autres coureurs : j’y pars moins vite mais souvent les rattrape sur la fin ??? Pour sortir de la forêt nous retrouvons quelques paliers. On tourne, retourne, monte et descend, je suis un peu confus on me double en montée, je redouble en descente « salomon bandeau » rend les armes, je ne le reverrai plus. « Craft me redouble, lui non plus je ne le reverrai plus, encore une rencontre sympa qui s’en va. Je m’arrête pour un petit besoin, « UTTJ » et « mal rasé » en profitent pour me re-dépasser. J’échange quelques mots avec «mal rasé». Il me demande si c’est moi qui ai perdu un bâton ? Il a tenté de le récupérer : il est resté suspendu à la clôture électrique où je me suis accroché. Comme il a pris un coup de jus, il l’a laissé sur place : tant pis, merci c’est sympa quand même…

Nous arrivons aux abords d’un village. Je retrouve Fred qui me prend en photo. Antoinette me dit que je suis dans les 35 et que je vais finir dans les 5 premiers si je continue???? Je me pensais dans les 60-70 ??? Tout va bien, j’ai le temps de manger et de faire le plein. J’échange avec « mal rasé », le regarde qui mange des oranges : bonne idée, j’en prends quelques quartiers et me contente d’eau gazeuse : j’ai mangé il y a peu. Je donne mon bâton inutile à Fred : peur de le perdre également. Je prends le temps de vider mes chaussures, d’ôter l’élasto qui se décolle. A partir d’ici il y aura principalement de la descente. Je vais tenter de trouver un juste milieu entre vitesse et économie : il faut que je pense déjà à la récup en vue du GRP… Je vois Yann S. qui repart du ravito, il va certainement me revenir dessus…

J’arrive un sur très joli village que je prends le temps d’admirer et entame la descente. Deux coureurs sont quasiment à l’arrêt, je les dépasse. Le paysage est très sympa. Par contre le bitume qui se poursuit par un chemin ne me plait guère. On navigue enfin en bordure de prés. Une petit pause « élimination » et repars : ça revient derrière…

Je retrouve le bitume, deux bénévoles sympas avant une petite montée. Mal rasé revient, me re-dépasse. Je le rejoins vers la fin de la cote mais m’arrête. Je m’assieds et vide mes chaussures, mon suivant est surpris : tout va bien, je gère simplement. Effectivement la descente est toujours grasse et assez technique. Je re-dépasse très vite mes 2 prédécesseurs, j’accélère un peu, il doit rester 17 ou 18 km : mon GPS vient de s’arrêter. La descente est longue, j’ai parfois quelques hésitations malgré un balisage toujours au top. Ah une succession de mini-montées et revoilà « mal rasé » qui revient : j’en ris. Mais cette fois, j‘accélère également en montant, il ne me re-dépasse pas. On retrouve quelques habitations, des « locaux m’applaudissent et me signalent le ravito un peu plus loin. Je prends un virage, persuadé d’avoir loupé le ravito, je reviens sur mes pas : « mal rasé » arrive : non, je suis bon. J’arrive sur le ravito : ici c’est la fête. Fred m’accueille, ce sont encouragements et félicitations : quelle course !!! Je suis un peu dans le dur, car en pleine digestion

Je bois et mange rapidement : plus besoin de faire le plein, normalement l’arrivée est à 6 kilomètres. Je repars et vois Yann S. qui arrive. J’ai un peu de mal, mais ça va le faire. On continue à descendre. La météo se fait vraiment sympa. On finit par apercevoir les barres de St Claude. Je me demande sils ne nous ont pas épargné le dernier coup de cul ??? Mais non, ça remonte… On traverse la route, je marche. J’entends du bruit et me retourne : c’est Yann S.. Ben mon cochon… Il me dépasse, mais je le garde en point de mire, même si lui trottine. On retrouve le bitume. Je repars en trottinant. Je garde Yann en visu. Le terrain est plat. J’arrive à allonger. Finalement le changement de rythme fait du bien, j’ai encore des cuisses. J’accélère progressivement, revoilà la descente. Il doit rester 2 kilomètres. Je me lâche. Les jambes répondent parfaitement, je ne souffre plus de l’orteil, le bitume évite les secousses dans les chaussures… Je continue donc d’accélérer. Voilà le pont, déjà traversé hier. Au bout je vois Fred, on se fait de grands signes. J’ai le sourire et me sens bien. Je lui tape dans les mains. J’ai juste le tour de la place de l’abbaye à faire. C’est un vrai moment de bonheur. J’arrive facile et heureux, et passe sous l’arche.


Je tape dans les mains de Sam, organisateur aux petits soins : bravo et merci !

Je profite de ce moment et m’assieds : je suis très content de ma course. Je récupère à grand coup de Perrier : c’est une révélation : il faudra que j’en prenne lors de la fin de mes prochaines courses !!! « Mal rasé » arrive : on se félicite et échange quelques mots. Je découvre que je finis 29ème de cette étape : pas si mal. Yan J. fait encore un grosse course aujourd’hui il est et 10ème de l’intégrale. Pour ma part je suis 51ème : j’aurai certainement pu jouer une place dans les 30 mais ne pouvais prendre de risque pour le GRP. Je me nettoie aux robinets et retrouves les enfants : grand plaisir. Remi va finir par arriver : chapeau, quel mental avec aussi peu ‘entrainement. En attendant Yann, je récupère mon bâton : une dame l’a ramené depuis le 2ème ravito : quel milieu que celui du Trail !!!!Yann, arrive également : il est tout sourire, ça fait plaisir de le voir arriver en bon état après une course aussi longue. Mais nous ne nous attardons pas : il faut encore ranger les tentes et la route est longue… Nous ferons une petite halte restauration et rentrons dans les Vosges en discutant encore avec Remi.
Cette course fut au top : les paysages y sont superbes, l’organisation, les bénévoles et le balisage sans faille et des plus chaleureux. Le jura est un haut pays du Trail : je ne peux que le recommander : bravo, merci et à bientôt!

  1. #1 by manu p on 15 juillet 2012 - 5:41

    Bravo marc!

    Bonne gestion de tes 2 jours de course.

    Place à la récup et dernière ligne droite pour la route des Pyrénées

  2. #2 by Rémi on 16 juillet 2012 - 7:23

    Quel facilité ! Bravo pour ta course et merci d’avoir pu me permettre de partager un WE bien sympa !

  3. #3 by Yann on 18 juillet 2012 - 12:56

    Bravo ! J’avais aussi vu ton baton dans la clôture mais je venais aussi de me prendre un coup de jus … Un super résumé. Merci et à bientôt !

(ne sera pas publié)