21 octobre 2012 – Belfortrail – Giromagny (90)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 52 km Dénivelé positif: 2600 m Dénivelé négatif: 2600m

« Retrouver le chemin de la joie de courir… »

Le récit:

Dimanche 21 octobre
04h, le réveil sonne. Je dormais comme une souche. Je finis de préparer mes affaires et prends mon petit déjeuner. Direction Sarmamagny. Je vais à la découverte d’un coin du massif que je ne connais quasiment pas. J’arrive même en avance : il y a juste quelques organisateurs. Je prends le temps de boire un thé et des tas visages connus arrivent : Christian, Rémi, Julien, Lionel, Dany etc, etc… Je fais connaissance avec un autre Lionel. C’est alors que je me fais la réflexion que j’ai oublié la frontale, mais ça devrait le faire sans: le départ n’est qu’à 07 heures 30. Je trottine un peu. Je me sens bien lourd. Ça va être hard. Les organisateurs gonflent une montgolfière et l’on se dirige vers le départ. Je me cale avec Rémi. Je ne sais vraiment pas comment je vais gérer cette course, en effet je ne me sens bien et avec une « envie de course » que depuis quelques jours. J’ai donc mis 8 semaines pour récupérer psychologiquement du grand raid. Coté physique c’est la grande inconnue: résultat des excès de quelques jours passés en Bourgogne qui ont eux mêmes suivi 2 semaines en région parisienne.
Allez c’est parti. Je trouve qu’on va vite, il faut dire que le terrain est plat et bien roulant. J’ai une drôle de sensation un peu douloureuse au niveau du nombril et dont je fais part à Rémi. Nous rattrapons Greg avec son chapeau que nous chahutons un peu. Il est avec « Running Gou » : je m’excuse ici de ne pas l’avoir salué. On continue toujours assez vite pour mes pauvres jambes qui ne réagissent pas trop aux sollicitations… En plus je dois rapidement aller soulager ma vessie : un vrai débutant. Je repars, Rémi est loin mais je le garde en visu. Nous sommes en forêt et alternons courtes montées et courtes descentes le tout sur toujours un terrain vraiment roulant, Je ne sais pas trop où je suis, je souffle fort, et n’arrive pas à me délier. Je reconnais 2 ou 3 coureuses : il faut que je me cale dans ce groupe, généralement je suis un peu devant elles. Comme ces dames gèrent toujours mieux que nous (plus sages), en me maintenant je devrais faire une belle course. Mais mes vieux démons machistes reprennent le dessus, et je les double sans vergogne. Je suis alors le rythme de 2 coureurs, bien à l’aise. Voilà une petite descente, qui emprunte les berges d’un ruisseau à sec. Il faut alterner d’un bord à l’autre ou suivre le fond. Comme je ne vois pas grand chose j’imite mon prédécesseur. Il gambade à belles enjambées rapides et change subitement de berge, surpris, je glisse et tombe sur le coté droit. Aie, aie, le genou est bien ouvert et tout le reste de la jambe « raboté ». Je repars immédiatement mais je sens que ça coince, surtout que la suite est toujours bien roulante. Je n’arrive plus à accélérer et freine dans les descentes. Alors pour me décontracter je mets de la musique et me fais la réflexion que je cours très peu en musique les derniers temps : serais je entrain d’évoluer mentalement ???
Le cap des 10 premiers km est passé, ça court toujours autant. A quand les belles grimpettes ? J’ai du mal à croire qu’on sera à 2500m de dénivelé positif ??? J’arrive par moment à me mettre dans ma bulle mais ne suis pas serein, il faut que je ralentisse, le corps et la tête n’y sont pas. Ah ça y est ça commence à grimper. On entame la montée vers la planche des belles Filles. J’apprendrai plus tard que nous sommes à Auxelles-Haut. En marchant je me sens tout de suite mieux et puis le diesel poussif que je suis devenu est enfin chaud. Le souci est (encore un) que je ne peux pas appuyer avec le fessier droit suite à la chute. J’arrive tout de même à rejoindre Rémi. Je pense que je vais essayer de faire course commune avec lui. Mais à peine pensé, je dois à nouveau soulager ma vessie : je ne le reverrais plus. Alors je me fais une raison, aujourd’hui sera encore une belle balade. Je relève la tête et regarde autour de moi. On passe le sommet et attaquons une descente en lisière de foret. Je ne suis vraiment pas à l’aise. Que se passe t’il ? Hypo ? Conséquences de la chute ? Condition physique générale un peu juste ou restant de ma sortie en vélo il y a deux jours ??? Je descends tranquille, en m’alimentant, inutile de se faire mal. Et puis tiens c’est l’heure du casse-croûte ? En effet voilà le premier ravito. Je fais juste le plein d’eau et repars, j’ai tout ce qu’il faut. Ce qui m’épate c’est que les autres coureurs ont été encore plus vite que moi au ravito. Fini le temps pépère du Trail. On m’annonce aux alentours de la 80ème place et même aussi loin des podiums les gens optimisent : ça claque…
On arrive pas loin d’un étang, je ne suis pas top, je trouve que c’est toujours aussi roulant. Je me demande quand nous serons au Ballon d’Alsace : je suis vraiment venu en touriste. Je n’ai pas regardé le parcours et ai tout juste une vague idée du profil… Ah ben tiens ça monte enfin, on me dit que ça va jusqu’au sommet du ballon. Miam j’attaque… Enfin j’essaie… Je n’ai pas de jus, je vais juste monter à un petit rythme pépère tranquille. Ben mon gars y a du boulot, va falloir refaire des cuisses. Mais je suis enfin serein, et monte tranquille en rêvant, en me remémorant ma saison, le grand raid des Pyrénées surtout. J’essaie d’imaginer Fred et les enfants : où sont ils ? En balade sur les crêtes ? Et je me retrouve sur les chaumes sans m’en apercevoir. Il fait grand beau. Je vois la statue de Jeanne d’Arc : de loin on dirait presque un hussard Napoléonien : je ne sais plus trop où j’en suis. J’en profite pour m’alimenter, j’ai bien du mal. J’ai une espèce de barre au niveau des intestins depuis un sacré moment : ça doit être l’orgie de champignons des 2 derniers jours… Je me prends à me demander s’ils étaient vraiment tous comestibles ???(Rires). Le coureur qui me précède depuis un bout de temps retrouve sa petite famille. Quand je vais aussi lentement je me surprends toujours à me demander comment font les autres pour ne pas partir en s’envolant ???? Je prends le temps d’admirer le paysage, cette vue que je ne connais pas. Je m’arrête même quelques instants : la pensée de la chute m’inhibe toujours un peu… Le sommet est passé. Nous avons fait un peu plus de la moitié. Je vais vers la descente, un bénévole me dit de faire attention que la descente est dangereuse. Alors je me lance.
Je me lance oui, mais aujourd’hui rien n’y fait même pas l’attraction d’une belle descente technique. Oh je double bien un ou deux attardés, mais je n’arrive vraiment pas à me relâcher ni à relancer. D’ailleurs mon genou m’interdit d’accélérer, la chute me l’a rendu sensible aux vibrations…
On arrive sur une ferme auberge, je remarque le nom « Boedelen » : sommes nous de retour en Alsace ??? On nous propose à boire. Un grand verre d’eau. Je trouve le moyen de plaisanter un peu et repars. Il me semble que sous peu se profile un grosse montée, juste avant le 2ème vrai ravito. On continue à descendre encore un peu en forêt et arrivons dans un domaine de ski.
C’est là qu’est la fameuse piste noire du Langenberg qui va nous amener à la tête des Redoutes. Je monte tranquille. C’est raide mais ça n’a pas l’air très long. Le gros souci est que je peux bien pousser sur la jambe gauche mais quasiment pas sur la jambe droite qui a pris le choc. J’ai l’impression de marcher en crabe. Je lève un peu la tête et voit un poteau de téléski qui semble être celui de l’arrivée : que nenni, que nenni… La petite bosse ,dans la pente, masque la partie la plus ardue de cette piste. Finalement c’est vrai que c’est du costaud. Le souci c’est que les crampes m’attaquent sérieusement. D’habitude en décomposant bien ça passe ,mais là pas moyen, alors j’accentue le crabe pour faire passer alternativement la douleur d’une jambe sur l’autre. Un peu plus haut un petit groupe de supporters nous encourage, l’un d’eux a vraiment une grande gu… heureusement que je suis détendu parce qu’il a tendance à énerver un peu ceux qui sont à coté de moi. Je lève encore un peu la tête et voit Rémi au loin qui passe le sommet près de la flamme…
J’arrive à hauteur de l’homme à la grande voix, je ris et lui dit qu’il doit arrêter de faire le coq où il risque de chuter puis rouler jusqu’en bas. Il aura alors bien du mal à remonter… Il se fait brancher par ses amis et du coup m’offre à boire un peu d’eau.
J’arrive en haut tant bien que mal. Bon allez y a plus qu’à descendre jusqu’au ravito. Je me sens toujours aussi lourd et un peu cuit, pourtant il reste pas mal de chemin: je dirais une vingtaine de km. Je pense que la dernière fois que je me suis dis qu’il restait environ 20 bornes j’ai mis presque 8h et ce n’était que de la descente… Je souris… On descend donc en bordure de piste de ski pour arriver au ravito. Je décide de prendre le temps. Je mange saucisson et fromage, fait le plein d’eau gazeuse, 2-3 quartiers d’orange et c’est reparti. Maintenant c’est à l’UTTJ que je repense. C’est suite à un ravito similaire que je me suis lancé vers l’arrivée dans une jolie forme… Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Je me sens toujours bloqué au niveau des hanches. Je suis un sentier qui surplombe quelques prés et la route. Je vois un bord de forêt et vais m’y cacher pour y soulager mes intestins. On dirait que les champignons ont fini leurs effets… je repars tranquilou mais soulagé. Je retrouve même un tout petit peu de vitesse et me permet de rattraper 2 ou 3 coureurs dont un qui avec qui je fais le yoyo. Finalement, ils sont deux, le premier est tétanisé par les crampes dès qu’il court plus de 500m, par contre il semble avoir la frite en montée. Nous sommes au bout d’un large chemin. Il m’explique que nous allons remonter la dernière grosse difficulté : il ne restera alors plus qu’une seule montée. Le sentier est sympa, mes 2 compagnons sont apparemment des fanas de VTT et ont quelques trails dans les pattes. Une féminine me double encore, apparemment elle a fait presque tout le trail en marchant sauf la première partie : elle a un sacré rythme de marche, impressionnant…
On sort de la forêt pour emprunter un joli sentier. La vue est très chouette, je me demande quelle est la vallée qui est en dessous. Je me renseigne le prochain sommet est donc le Schlumpf et si ma mémoire est bonne c’est une partie de Sewen que l’ont voit en contrebas, mais il faudra que je vérifie…
Je ne me sens pas trop mal, même si je ne vais pas bien vite. D’après ma montre il doit rester une grosse dizaine de km. Tiens d’ailleurs elle m’affiche « batterie faible »… Je lâche mes 2 compagnons et leur dit que je les retrouverai certainement plus loin. Ah tiens voici certainement la dernière ascension. D’ailleurs le téléphone sonne, c’est Fred. Finalement elle et les enfants se sont baladés au bord du lac de Gerardmer. Je suis en retard, je pense arriver une grosse heure plus tard que prévu…
On arrive au col du Hirtzelach, où se trouve le dernier point d’eau. On doit donc encore monté au Tremontkopf, où paraît il j’ai loupé une bien belle vue. Mais là j’avoue que j’en ai un peu marre. J’ai beau ne pas avoir été bien vite, je suis quand même bien usé, d’ailleurs je vais prendre un tube « coup de fouet », histoire de finir pas trop détruit… Heureusement d’ailleurs, que c’est une alternance de très courtes montées et descentes qui m’usent encore bien. Je ne sais pas trop où je suis d’ailleurs, en plus ma montre vient de me lâcher… Je remarque juste un petit panneau : qui indique Col du Mont Jean : c’est par là que je retrouve des bénévoles qui apparemment sont à la re-jonction du Belfortrail et du Girotrail. Mais… bon dieu ça remonte ??? Ras le bol ???? Pff, c’est quand qu’on arrive ???? Ah voilà le Mont Jean : cela semble être le sommet, en pleine forêt. Bon la descente a l’air bien agréable, j’ai même l’impression que le chemin a été créé tout exprès…
Je me retourne, un coureur me rattrape. On discute. Visiblement c’est un tri-athlète qui a trouvé la piste de ski « bien dure pour son niveau »… Il dit même que trop de gens se lancent sur des trails long sans une prépa suffisante… Peut être pas faux, banalisation de l’effort… Pour ma part j’ai vraiment l’impression qu’aujourd’hui je n’étais pas prêt… Mais ça fait beaucoup de bien aussi de ne pas s’arracher complètement… Et c’est donc en papotant que l’on arrive à Giromagny et que nous passons la ligne. On se félicite, échange quelques mots et je rentre dans le gymnase. Je pense que j’ai du mettre aux alentours de 7h35 et doit être en milieu de peloton. Je me sens fatigué mais pas trop, je pense qu’on doit pouvoir mettre une bonne heure de moins sur ce parcours. J’ai surtout envie d’une bonne bière. Je retrouve Rémi et Lionel. Ce dernier a fait une belle course. Rémi de même, mais il a l’air de s’être bien tiré dessus. Je vais donc prendre ma douche pendant que Rémi me garde mes affaires. J’échange quelques mots avec Julien qui fait encore un podium et Lionel V ; qui gagne en Vétéran 2 à peine 6 semaines après son super infernal 160 : bravo.
Bon, ça y est, la saison est réellement finie pour moi. Je sens que la motivation et l’envie sont enfin revenues. Je vais travailler à retrouver un peu de vitesse en attendant que la neige arrive et j’espère qu’elle le sera au plus vite…
Mes impressions sur ce trail ? J’ai un sentiment diffus… L’organisation et les bénévoles y sont sans reproches. Il est assez dur, et un peu trop roulant à mon goût (surtout la première partie). Certains panoramas sont superbes et j’ai découvert une partie du massif que ne je connaissais pas, mais je pense que la maratrail qui se déroule non loin d’ici, doit être « un poil au dessus ». J’y reviendrai peut être vu son positionnement dans la saison : à voir… Et vivement l’hiver…

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