14 juillet 2013 – Trail du Pays Welche – Orbey (68)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 50 km Dénivelé positif: 2200 m Dénivelé négatif: 2200m

« madré mio, qué calor… »

Le récit:

Dimanche matin : je me réveille avant la sonnerie fatidique. En me levant je me demande quel va être l’état de forme du jour. Je n’ai pas trop de doute : je n’ai quasiment rien fait depuis le Lavaredo si ce n’est de profiter allègrement de ces quelques jours de vacances. Je pense même que j’ai laissé le peu d’influx que j’avais dans la petite sortie de la veille avec Rémi.
Nous arrivons à Orbey légèrement en avance. Nous pensons à Manu qui doit en finir avec son défi un peu fou : faire avec Fabrice V. une première fois le parcours de nuit avant de la faire avec la course : un petit off de ouf en prépa ultra… Nous retrouvons pleins de têtes connues. Il y a une sacrée densité de ceux que j’appelle les « 15 », soit les coureurs qui finissent habituellement entre 10 et 20 premiers pourcent des courses régionales. Un des seuls ténors du jour est Léo. Je suis surpris de le voir torse nu : c’est un réflexe que je ramène à moi. Avec ma peau ce serait un suicide… On retrouve manu : il n’est pas au mieux : il s’est « tiré dessus » et s’est tordu un doigt qu’il a redressé lui-même… Pas de bon augure…
Petit échauffement, et je retrouve Rémi. Nous sommes dans les premiers derrière la ligne. Et c’est parti. Je pars un peu vite sur les conseils de Remi, afin d’éviter un engorgement rapide. Le voilà d’ailleurs : ça monte et c’est effectivement resserré. Là je sens tout de suite que je n’ai pas de tonicité. On échange un peu avec Remi. Je repère Jérôme : je vais essayer de rester dans ses parages pendant un petit moment. On monte vers Pierre Tremblante. Psychologiquement je suis bien : détendu, serein. Je regarde le paysage et les coureurs qui sont devant : étonnamment il n’y en a pas tant que ça. J’ai vu Léo partir seul, je reconnais Dani, et Daniel n’est pas si loin devant. La montée se passe plutôt pas mal. Dommage que je n’ai pas les jambes : même si pour le moment elles tiennent, je sais que je vais finir par exploser rapidement. Nous voilà déjà sur les Hauts. Nous n’avons plus qu’à redescendre aux Basses Huttes. La vue est belle. Je me retourne pour voir Orbey. Remi est juste là : je le croyais « cuit » ??? J’essaie d’accélérer : sans résultat. Les jambes sont creuses en montée, molles en descente pffff…
On passe derrière l’Eglise et on remonte. Je voyais tout ça bien plus dur. Remi m’a pourtant dit que je risquais de trouver ce Trail roulant ?!?!? Moi qui était persuadé que c’était l’un des plus dur du coin ??? On arrive dans le secteur du Linge. A partir, d’ici c’est le coin que je connais le mieux : Glassborn, Wettstein, Hautes Huttes… Je n’avance pas et me fais allègrement doubler mais… Je m’en fous… Je profite du paysage et rêvasse. C’est une succession de montées d’environ 250m de dénivelé, qui passent plutôt bien : il fait beau, le paysage est extra et je suis heureux de courir. Je suis juste déçu de ne pas pouvoir pleinement profiter de la course à cause de ces « petites » jambes. Je fais bien attention à boire : il fait grand soleil, c’est un vrai régal, mais attention au coup de chaud. Je continue à rêvasser, Remi me revient dessus. On échange un peu et il me dépasse. J’en oublie de m’alimenter. Ça remonte un peu plus raide, je rattrape Remi, et me dis qu’il faut que je mange : je prends un gel. Remi m’explique la suite. Voilà un petit point d’eau, nous repasserons ici après le lac des Truites (chez moi, ici, personnellement, je, dans ma vallée, on l’appelle Le Forlet… (rires)). Hop un verre d’eau et on arrive sur le Lac. J’adore ce coin. Remi me décrit le sentier qui est costaud. Je lui montre le vallon avec sa combe extra à skier. En y réfléchissant le sentier doit certainement être celui qui nous amène au Gazon du Faing : je l’aime beaucoup, on l’a fait avec les enfants il y a un an ou deux. Tiens revoilà deux trois coureurs. Remi me parle de l’un d’eux qu’il connait : Il est peut être parti un poil vite. On passe un ruisseau, deux vaches et voilà le sentier. Ah c’est une délivrance, là les jambes sont biens, je peux accélérer à volonté… Ben c’est simple on marche, pas trop besoin d’Ischio, ce sont les quadris et les fessiers qui bossent, et là je suis facile. Bref : ce sont mes qualités de coureurs qui sont à plat. Va falloir s’y faire… Mais profitons du moment, j’en remets une dose, je rattrape 3-4 coureurs et en re-demande, je regarde vers la crête. Mais ce ne sera pas pour aujourd’hui, nous sommes déjà sur les hauts. La descente est sympa, bien que moins technique que dans mes souvenirs. Je re-dépasse pour la 4ème fois un coureur pas à l’aise du tout en descente, mais qui est vraiment facile en montée : on va finir par se connaitre. Revoilà le point d’eau de tout à l’heure. En repartant, j’entends un « allez Marc » ??? Je tourne la tête, j’ai juste le temps de reconnaitre et saluer Jeff. J’en aperçois Remi qui est juste là.
On reprend la descente. Je redouble un coureur au buff bleu : son allure me dit quelque chose, mais comme je ne vois jamais son visage je n’arrive pas à savoir si je le connais ??? Nous allons vers le Lac Noir. Encore une fois mes souvenirs me trompent : ce n’est pas très technique ???? Mais bon de toute façon il vaut mieux, je crois qu’aujourd’hui je n’aimerai pas trop lever les jambes. Je rêvasse à nouveau. Je me dis que je ne mange pas assez, mais pas envie. Un ou deux bonbons ??? Mouais, mais j’ai l’impression de ne pas trop bien les digérer aujourd’hui ??? Je bois un coup. Mais c’est déjà le ravito ??? Bon… Je fais le plein et repars rapidement. Je tombe sur une bifurc. Un bénévole me demande « rouge ou bleu » ???? Je ne comprends pas ??? Il me montre mon dossard : je suis sur le 50 : c’est de l’autre côté… Je repars, ça monte doucement. Remi a repris les manettes. Les ischios sont morts, ils ne réagissent plus. Je n’ai plus qu’à attendre la prochaine montée raide. La voilà, je la reconnais, c’est celle du Rocher du Hans. Ce coin est toujours aussi joli. Je me rappelle d’une belle journée d’escalade avec Yann et nos moitiés respectives : j’y étais bien sec après une grande voix en 5 ou 6 longueurs…
Je recolle à Remi. Mais là il faut lever haut les jambes et ça ne le fait plus. On approche de la partie la plus technique. Je décide de lâcher le morceau. J’arrive au sommet Cahin Caha, et jette un œil au passage : je me répète : c’est un vrai régal. Tiens mon descendeur favori me repasse juste avant, il me dit « passe de toute façon tu le feras ». Je ris et me lance. Je cours un peu, quand c’est raide ça va, sinon, ben… Ça marche plus… Bouh…. Je ris tout seul, pas grave, c’est le métier qui rentre. Tiens revoilà Jeff. Je lui lance trois mots et repars… Je fais 150m… Arghhhh les ischios rendent définitivement l’âme. C’est les crampes ?!? C’est pas vrai !!! Bon ben je m’arrête, et m’étire. Je trottine : pas le choix, je me mets bien en avant comme si j’étais dans une forme olympique et en déroulant bien, mais sans tirer. Je bois et mange des pastilles Vichy. Ça passe, ça le fait. Je continue ma ballade. On arrive à nouveau près du Lac Noir. Tiens c’est original, nous sommes sous le niveau de la digue et passons au niveau du Trop Plein. Toujours pas de Fred à l’horizon ??? Un point d’eau. Je fais le plein et repars. Je me dis que j’aurai du remplir les 2 flasques mais ça devrait le faire. On prend une jolie monotrace. Je m’invente une chansonnette « ah si j’avais des jambes, je te courerais, je te sautillerai, je m’y amuserai, ah si j’avais des jambes ». Mais je souris tout seul. Je peux juste marcher et encore pas trop vite. Bon allez je me suis trompé, ça descend. Je peux trottiner, « trottine, trotinette… » ?! Je suis toujours aussi détendu et rêveur, « je voudrai la même course en couleur et avec quoi encore??? Hein, je vous le demande ??? Avec… des muscles saillants et fringants, et bien je vous claque un ultra de première… » Je m’éclate comme une bête. Ah le téléphone sonne. Ah merde, le point d’eau. Et puis après ça remonte ?!? En plus je crois que c’est raide. Bon allez je fais le plein, je rappellerai après. Ah enfin ma petite femme au téléphone.. Elle nous a loupé, on la verra certainement au Lac Blanc, sinon à l’arrivée. Bon ici ‘est assez facile, mais je reprends la chansonnette. Mais rien, toujours rien : que des montées cool. Et Michel il est où l’ancien ??? C’est pas vrai ??? Il a pas explosé lui aussi ??? Ce n’est vraiment pas normal qu’il ne m’ait toujours pas rattrapé ??? Tiens une féminine ??? Il n’y en a vraiment pas beaucoup sur cette course ??? Je me suis fait la réflexion il y a déjà bien longtemps : je discutais encore avec Jérôme lorsque Sandrine S. nous a doublé : aucun doute la victoire ne lui échappera pas aujourd’hui. Tiens je reconnais le coin : on est tout prêt de l’arrivée des crêtes Vosgiennes ??? C’est quoi ce bazar ??? Ben si c’est ça l’avant dernière difficulté, ce n’est vraiment pas dur ??? Bon on ne doit plus être loin du ravito. Et bon dieu Michel il est où ??? Je me retourne, je sens un coureur … Ah ben coïncidence le voilà. Il a l’air comme d’hab : serein, facile, à sa main. On échange un peu Il me proposera un peu plus loin de finir ensemble. Je ne préfère pas. Je n’ai pas de jus mais psychologiquement je suis bien, toujours relax. Trop même, j’en oublie presque le ravito. Le plein et je repars. Trop vite : les ravitos sont supers biens achalandés et je ne mange pas ou presque, je vais le payer, c’est sûr. Je n’ai pas assez mangé, j’ai oublié de me forcer à le faire. En plus ce que j’ai sur moi ne me tente pas. Je vais jouer gel et vichy mais ça passe difficilement : j’ai perdu mes cachous : meeerde !!!
La fin du parcours est pourtant si facile malgré la chansonnette. Mais là c’est le creux, le footing heureux, à jeun, du citadin le dimanche matin… Et puis la batterie de la montre est entrain de rendre l’âme. Heureusement il fait beau et je n’ai pas de vague à l’âme. Bon ben il reste la Tour du Faudé et une dizaine de km. Je rêvasse toujours, j’observe le paysage : en bas sur ma gauche normalement c’est Lapoutroie, Orbey doit être par-là, entre les 2 une zone « terra incognita » pour moi ??? Tiens une fusée me dépasse : je suis estomaqué d’où il sort ??? Un cador perdu ??? On descend tranquille mimille. Tiens un point d’eau. Une bénévole me regarde ça va ??? Oui, oui. Vous n’avez besoin de rien ? Non ça roule. Vous n’avez pas l’air trop bien ? Ah bon ??? Non juste un peu fatigué. L’autre qui remplit ma flasque me dit discrètement « faites pas attention : elle dit ça à tout le monde, c’est la première fois qu’elle vient… »
Je repas rassuré en souriant. Allez petit footing. Je sors du bois, je vois la tour. On dirait qu’on peut la contourner : je ris. Bitume, gros chemin, je ne ris plus, même cuit je n’aime pas, pourtant ça ne secoue pas. On entame la montée vers la tour, (je dis on car juste devant moi se trouve « la fusée »). La fusée est carbonisée. Le chemin est joli et la montée toute douce : encore un truc qui se courre… D’ailleurs, je suis surpris d’être déjà au sommet, bigre ce Trail est vraiment bien plus facile que je ne le croyais. Là encore un point d’eau. J’en ai perdu le compte, mais ils sont vraiment nombreux. Allez j’ose, malgré mes craintes depuis les Roches 2011, je reprends un petit coca. On nous pointe : le garçon nous demande si on fait la course ensemble ??? On lui répond que non et lui demandons pourquoi ??? Ben parce que nos dossards se suivent : 560 et 561… Je ris, fusée répond « non on fait juste la même course »… Je le laisse et repars sourire aux lèvres. La descente en forêt est sympa. J’arrive sur un grand pré je tente de repérer le centre d’Orbey, je regarde ma montre : plus rien… Tant pis pour moi. Je mange 2 pastilles Vichy : je sens l’estomac contracté, je n’ai vraiment pas assez mangé, il faut absolument que je me remette en question coté alimentation lorsqu’il fait chaud. Au loin Buff Bleu. Je re-trottine, et accélère même un peu. Une nouvelle fusée rouge me double, il a un regard de tueur, déterminé, il ahane comme un soufflet de forge : impressionnant…
Je passe le panneau « 1 km », et suis la ligne blanche : très sympa le passage vers l’arrivée, je suis encore encouragé par les bénévoles. Ils m’impressionnent tous. Sympas, dispos, souriants : bravo et surtout merci, je le dis encore et chaque fois que j’en vois un, mais attendre des heures durant, des barjos qui courent faut vraiment le faire. Alors, j’accélère juste pour la forme et tourne la tête. Ma petite femme et mes enfants sont là, en compagnie des deux Michel : belle image. Je passe la ligne. Ya pas à dire, je suis tout simplement heureux.


Je rends mon dossard et lève la tête, buff bleu enlève son……. Buff C’est Bruno S. … Je n’y crois pas, on a du se doubler 15 fois sans se voir, de la folie… Je ris. Je bois un fond de coca et mange trois tranches de pomme : un régal (à retenir). Je retrouve ma petite famille. Je me dirige vers l’intérieur. Je me pose, tente de trouver de l’eau gazeuse : c’est Fred qui va m’en trouver. Je retrouve Jérôme : il m’attendait en course, il a également explosé.
Je m’assieds, puis m’allonge, je reconnais les symptômes. Mon estomac est entrain de se dilater, je vais passer un moment difficile, je n’ai vraiment, mais alors vraiment pas assez mangé… J’échange 3 mots avec Johan, récupère mes affaires dans la voiture de Remi et se sera retour rapide dans l’autre vallée pour me plonger dans la piscine paternelle.
Bilan ??? Une très belle balade avec un super moral. De toutes petites jambes et une gestion de l’alimentation désastreuse. Ce trail est vraiment très chouette : un des plus beaux du coin, mais je m’attendais franchement à plus dur. Avec une prépa spécifique il doit se courir presque tout du long hormis le Hans et le Forlet… A refaire, mais maintenant, retour à un entrainement sérieux, parce que le prochain, c’est un tout autre morceau…

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