20 octobre 2013 – Belfortrail – Giromagny (90)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 54 km Dénivelé positif: 2700 m Dénivelé négatif: 2700m

« Il pleut, il pleut bergère… »

Le récit:

Dimanche matin, comme souvent avant un Trail je précède le réveil de 10 minutes. Il tombe des trombes d’eau. Je prends mon petit déj en me disant que ça va fortement ressembler à l’édition 2011 du Trail de la Vallée des Lacs. C’est parti pour une bonne heure et demi de route. Jean baptiste n’est finalement pas là : blessé à l’épaule. En passant par Wintzenheim je vois les noctambules sortir de boite. Je ris, et me demande d’ailleurs comment je vais gérer les excès des deux dernières semaines parisiennes et les kilos superflus qui en découlent… J’en suis là de mes réflexions lorsqu’un motard gendarmerie m’arrête et me tend un éthylomètre. Je souris et discute avec le préposé au contrôle. Il se doute à ma tenue que je n’ai rien bu… C’est en rêvant que j’arriverai tôt à Belfort. Je vais récupérer mon dossard. Je croise la plupart des coureurs du massif. Parmi les cadors il ne manque que quelques alsaciens et Mathieu M.. Manu P et Remi ne sont pas là non plus. Je termine de m’équiper et me rends au départ. Je croise encore pas mal de monde : tous les énumérer devient vraiment trop long. Je discute néanmoins avec Jean Pierre : il semble avoir bien récupéré de son Infernal. Moi je n’ai pas encore vraiment repris depuis l’UTMB…. Le départ est donné. Il fait encore bien nuit. J’ai fait l’erreur de ne prendre qu’une petite frontale, pensant que comme l’an dernier, nous n’en aurions quasiment pas besoin…
D’entrée ça monte légèrement. Le groupe des coureurs où je suis habituellement et où est Lionel V. part déjà : je sais déjà que je n’ai pas de vitesse, tant pis. J’essaie de déjà me mettre dans ma bulle, mais sans grand succès : il tombe des trombes d’eau et je ne vois pas grand-chose avec ma lampe. Je me cale donc dans un petit groupe, on doit être aux alentours de la 70ème place. On monte tranquille, je suis plutôt pas mal, les jambes un peu dures mais le cœur et le souffle posés à un bon rythme de croisière. J’aperçois Gilles E. Je pense que c’est le bon repère. Je ne sais pas trop où nous sommes. Ça monte toujours tranquille. On ne se bouscule pas trop, pourtant nous sommes sur un chemin assez étroit. Tiens, ça descend. Je me lâche un peu mais reste très prudent, je n’y vois pas grand-chose, en plus j’ai la casquette qui me coupe le faisceau lumineux. Je rebascule la frontale sous la visière. J’ai trop chaud sous la veste mais je pense que je vais être obligé de la garder toute la journée. Le terrain est assez gras, j’aurai du mettre les SLab voire les Speedcross, pas grave de toute façon aujourd’hui c’est sans prétention.
Tiens une petite accalmie. Je lève la tête. Le ciel s’éclaircit mais c’est par la lumière du jour, les nuages eux sont toujours bien bas. On enchaine sur une belle monotrace. Je trouve que ça ne va pas très vite, j’aimerai bien dépasser, mais c’est trop étroit. Je revois Gilles. La pente s’élève, je sors les bâtons. Nous arrivons au pied d’un coup de cul assez sérieux. Il y a même une corde en main courante. J’accélère pour essayer de dépasser un peu, mais ça glisse : je bouscule un peu Gilles : qu’il en trouve mes excuses ici. Je réfrène mes ardeurs. Un signaleur nous dit de calmer le jeu : c’est encore long.
Apparemment on entame les choses sérieuses, je me demande si l’on monte déjà vers le ballon d’Alsace : je n’ai pas étudié le parcours… Renseignements pris autour de moi, ce serait la Tête des Mineurs que nous atteignons, j’en profite pour ranger la frontale. On serpente un peu dans un sentier, non c’est un petit ruisseau. Je replie les bâtons, nous entamons la descente. Je dépasse pas mal de monde, j’ai toujours Gilles en point de mire. Je me lâche. Là je sens que les jambes sont un peu mieux qu’au Rainkopf mais ce n’est pas encore Nickel : je ne suis pas assez relâché. D’ailleurs comme souvent dans ces cas, je me loupe dans un virage et vais gouter la terre. Je suis bien sale pour ne pas dire plus. Moi qui d’habitude aime les conditions pourries, là je suis servi. Je double Gilles. J’ai les cuisses dures, je n’arrive pas à les détendre. Je réfléchis et réalise qu’en fait c’est mon cuissard qui est trempé et me donne l’impression d’être tétanisé. Je me réajuste et accélère un poil. On arrive au point bas. Le parcours est toujours des plus sympas en bordure de canal. Je jette un œil à la montre, on doit être tout proche du ravito. J’y fais le plein, Gilles en profite pour me repasser.
On quitte le village de Sewen en suivant un ruisseau… Ce sera bientot le lac: je ne m’en aperçois même pas… Il faut courir, mes jambes n’y sont toujours pas, mais je rentre doucement dans ma bulle. Je garde Gilles en point de mire. Le terrain s’élève progressivement. Je ressors les bâtons. On passe à proximité d’un lac : ça doit être celui de Sewen ou peut être celui d’Alfeld ?? Je ne connais pas trop le coin et me raccroche à de vagues impressions. Dommage qu’on n’arrive pas à voir l’étendue du paysage. Là ça devient franchement raide; comme j’aime. Nous longeons une cascade: le parcours est vraiment au top. J’ai juste les intestins qui protestent. Ça me coupe les pattes : comme dirait quelqu’un que je connais je m’écarte et vais faire une pause engrais… J’y perds une poignée de minutes : pas grave. Je repars le couteau entre les dents. J’ai des difficultés dans ce passage : il y a plein de petits groupes et je perds pas mal d’énergie à les re-doubler les uns après les autres. J’ai beau accélérer je ne retrouve pas Gilles : tant pis. La pente devient plus douce, je garde pourtant le même rythme, puis c’est à nouveau plus raide. Ça alterne régulièrement, mais comme en « vraie montagne » je garde le même rythme jusqu’au sommet du Ballon d’Alsace. Là, le vent est déchainé, mais j’adore cette ambiance c’est justement vraiment dommage pour la vue.
On ne reste pas très longtemps en ligne de crêtes. Ça monte et ça descend, je suis juste dans ma bulle, mais avec la météo je ne sais pas où je suis. Les repères du jour sont le temps qui passe, les rêves qui défilent, les sentiers pleins d’eau. Je réalise juste que nous devons être juste à coté du ballon de Servance à la vue des panneaux « Terrain Militaire, Entrée interdite ». Ah tient, ça descend plus franchement. Ça glisse un peu mais ça me va bien. Par contre je n’ai plus d’eau : on ne doit plus être très loin du ravito. On suit des cascades : c’est vraiment très chouette : il faut absolument que je revienne ici par beau temps.
On sort de la forêt, voilà le ravito. Nous sommes à deux pas de Plancher les Mines. Le petit refuge est sympa et les bénévoles toujours aux petits soins. Je m’arrête deux minutes : le plein d’eau, un thé, du saucisson et du fromage. Je repars tranquille. C’est marrant mais je ne me sens vraiment bien et dans la course que maintenant. Les jambes et la tête sont biens. Je termine de boire et de m’alimenter en marchant. On emprunte alors un petit sentier sympa mais toujours gorgé d’eau. Les jambes réagissent bien, je courre enfin. Je poursuis un coureur à maillot bleu. On retrouve du bitume, j’y accélère même franchement et rejoins mon prédécesseur. On longe la route, un bénévole m’indique vers la gauche : je crois bien que nous sommes au pied de la « montée du jour ». Je ressors les bâtons. Je me cale à un bon rythme. Bon c’est assez raide mais j’aime bien. De mémoire c’est 3km pour 650 mD+ : bref moins dur que le moindre des membres du trio Bovine-Catogne-Tête aux Vents, séquence souvenirs… Tous les voyants sont au vert, je pense que je suis entrain de refaire un peu du retard accumulé depuis le début. Le seul hic est que je n’ai plus de solide à manger, il ne me reste que des gels : mais ce n’est pas trop grave. Je sens qu’un coureur est accroché à mes basques. Je suis tellement perdu dans mes rêves que j’arrive à un carrefour sans m’en apercevoir : la pente est nettement moins raide maintenant. Le coureur me double. Il est engoncé dans son K-way, et ne parvient pas à relancer. Il ne doit rester que quelques centaines de mètres jusqu’au sommet : serait ce ici la fameuse croix du Choléra ??? Le sentier se fait plus doux, je courre tranquillement en repliant les battons. Le coureur qui m’accompagne explose. J’arrive assez rapidement en haut de la Planche des Belles Filles. La météo à l’air de se calmer un peu, mais on n’y voit toujours pas grand-chose. L’entame de la descente me rappelle très fortement le passage de l’an dernier à proximité du premier ravito ?? On est dans une station de ski, on traverse une route et la pente s’infléchit à nouveau. J’en profite pour saluer les bénévoles encore une fois. Cela m’épate toujours de voir des gens vous encourager alors qu’eux sont là à attendre dans le vent et le froid, juste pour qu’on soit en sécurité. Vraiment à chaque fois ils méritent largement le petit coup de chapeau que j’adresse à chacun…
Je poursuis et continue de rattraper du monde. Là je suis vraiment bien et facile, je me sens juste un peu lourd et « pataud ». Je me loupe une nouvelle fois dans un virage mais me rattrape sur une main : ce ne sera que la troisième fois de la journée. On arrive sur un village, les bénévoles m’indiquent le chemin. L’arrivée me parait toute proche mais je suis à peu près certain qu’il me manque encore un coup de cul. Le coureur qui me précède se retourne et accélère lorsqu’il me voit ??? Il y en a qui ont encore des ressources ??? Ah ça monte. Le chemin me dit quelque chose. Je reconnais l’endroit. Je ne me souviens plus du nom, mais je me souviens que le sommet est en pleine forêt: ça m’avait marqué l’an dernier. J’accélère franchement et rattrape mon prédécesseur en jaune et rouge: ça n’a pas l’air de lui plaire. J’allonge le pas, mais finalement ralentis : je sors encore un gel, pas la peine de faire une hypo à 2-3 km de l’arrivée. Un autre coureur à casquette qui est devant moi se retourne, il accélère à ma vue ??? Mais qu’est ce qu’ils ont ??? Je ne suis pas déguisé en dragon ??? Je réenclenche la deuxième : ah voilà le Col du Mont St Jean. Il reste juste à monter au sommet. C’est gras à souhait : il y a tous les concurrents du Trail court qui sont déjà passés. On passe le sommet, je commence à ranger un bâton. Mais là c’est une vraie patinoire : je re-déploye le bâton qui ne veut pas s’emboiter. Les deux coureurs que j’ai rattrapé font le forcing pour me re-dépasser. Je descends tranquille et rattrape « casquette », « jaune et rouge » et deux autres coureurs, l’arrivée est toute proche. Les bénévoles nous indiquent le chemin je les salue, j’ai juste le bon rythme : je pourrais encore faire un paquet de km. Mais j’entends que ça revient fort derrière ??? Je n’y crois pas les 4 coureurs cités avant sont entrain de faire le sprint : on dirait un 100m. Je ne comprends pas trop ça, surtout pour des places aux alentours des 50-60. Finalement je passe la ligne en me moquant un peu d’eux, ce que certains ne semblent pas vraiment apprécier…
J’ai mis 7h11. Je saurais plus tard que je suis 58ème. Le podium est constitué de Léo, Julien et Steph : sacrée brochette !!! Lionel V. est 1er V1. Les filles sont comme d’hab: Sarah V. et Sandrine S. : un grand bravo à eux et surtout à tous ceux qui ont bravé les éléments, surtout les bénévoles. Je discute un peu avec Bruno S. arrivé peu avant moi, je retrouve Gilles au ravito mais retrouverai également Manu M. avec sa chère et tendre qui a fait une jolie course également. Je vois encore rapidement Claire qui m’annonce l’abandon de son homme, les 2 Steph, aperçois Sophie qui a fait une belle course et passerai un bon moment avec Jean Pierre. J’en oublie encore plein d’autres. Bref, de bons moments encore en cette après midi dominicale, qui clôture une chouette journée malgré les éléments. Bon évidemment je suis gras comme un moine et n’ai pas pu faire de miracle. Mais je me suis vraiment fais plaisir sur un super parcours : c’est clair j’y reviendrai. Maintenant la saison se termine : je crois qu’elle fut pleine et réussie, et il ne reste plus qu’à se concocter un bel hiver. Alors une nouvelle fois : vivement la prochaine !

Ah oui encore un truc: j’ai 56 km et 3000m D+ au GPS en données corrigées???? J »ai en fait un détour, sur mon tracé d’environ 2km et 150D+???? Téléportation? Bug du à la météo ou erreur de ma part???? A suivre…

  1. #1 by Poucet on 30 octobre 2013 - 6:39

    Et ben, tu connais tout le troupeau !!!
    Lionel va être content quand il va découvrir qu’il est repassé V1 … l’eternelle jeunesse en quelques sorte.
    Tu vas pas si mal pour un « gras », comme tu dis …
    A bientôt sur les sentiers.
    Gilles

  2. #2 by admin on 31 octobre 2013 - 8:07

    Ah M…. Oui c’est Steph. T le 1er V1. Et puis je n’avais pas vu que tu faisais podium également: chapeau!

(ne sera pas publié)