30 aout 2013 – Ultra Trail du Mont Blanc – La prépa

« UTMB Partie 2… »

Le récit:

21 Octobre 2012, je viens de finir le Belfortrail. J’ai enfin retrouvé de l’envie après ce très dur Grand Raid des Pyrénées. Comme je ferai un ultra de 160 en aout 2013 quoiqu’il arrive je décide dès à présent de mettre toutes les chances de mon côté pour le réussir ou du moins le faire avec un maximum de plaisir. Ainsi, je ne me projette pas réellement sur une préparation de 10 mois, mais que l’ensemble de mes activités m’y amène en toute quiétude.
J’entame donc une remise en forme courant novembre-début décembre, puis une belle saison de ski de rando jusque mi-mars, le tout perturbé par une douleur persistante (certainement tendineuse) au mois de janvier. Puis c’est crescendo avec une reprise du trail mi fevrier à Cornimont que j’augmente la dose pour une entrainement global de 1500 km en CAP pour 70000 milles mètre de dénivelé tous sports confondus qui m’amène fin juin. La déception du parcours de replis du Lavaredo Trail m’amène à des semaines assez chargées  avec notamment la fin de la prépa du parcours du  TVL. Puis en juillet j’attaque une prépa spécifique fait de séances qualité ultra , assez longues à allure très cool mais avec tout le matos UTMB. De ce fait en juillet je ferai environ 300km pour 14000 D+. Ce sont des semaines lourdes, assez inhabituelles pour moi mais qui passent plutôt bien.
J’ai donc fait, fin aout un total approximatif de 2000 km de course à pieds pour 90000m de dénivelé tous sports confondus…
Seul hic, je voulais faire beaucoup plus de vélo mais n’y arriverais pas à cause du boulot.
C’est alors que je me suis clairement posé la question de savoir : que pouvais-je viser sur la course en terme horaire et comment m’entrainer pour cela tout en gardant pour principale caractéristiques d’un recherche d’entrainement plaisir/qualité
J’ai alors fait un calcul simple: je devais trouver dans mes ultras quel état la vitesse raisonnable que je pouvais tenir sur un ultra. J’ai fait par exemple la maxi race 2012 en étant blessé à 6,15 km/h, (en marchant pendant la moitié du parcours).
Ainsi je me base sur 6km/h ce qui représente  une vitesse raisonnable moyenne de 3,5km/h en montée et 8,5 km/h en descente, ce qui fait un  temps de 28h… Je trouve cela totalement illusoire, mais bon, avec un temps d’arrêt global de 2h cela nous fait 30h tout rond. Intéressant… Mais cela me semble vraiment complètement irréalisable, néanmoins je vais garder ce temps comme base de calcul…
Je décide donc d’être capable de tenir ce rythme le plus longtemps possible sans souffrir avec le sac complet : c’est le facteur que je trouve le plus limitant sur l’UTMB en raison de son poids.
– Autre facteur : les cuisses, j’ai clairement explosé à la fin du GRP certes à cause d’une chute mais surtout par un manque de quadris. Alors outre le fait d’entrainer plus les quadris je me suis dit que les bâtons les soulageraient. M’en servant tout l’hiver et me rappelant une réflexion de Yannick « avant tu étais un fana des bâtons » je me décide à m’entrainer sérieusement avec.
– Autre facteur limitant l’alimentation. Hors après avoir retourné le problème dans tous les sens je constate ceci : il m’arrive de m’entrainer juste après manger, hors dans ces cas-là je n’ai jamais aucun souci digestif : je peux donc manger n’importe quoi, n’importe quand à condition que ce ne soit pas trop (en terme de quantité). Par ailleurs j’ai bien géré le Trail des Roches (peut être ma meilleure course en terme de gestion et d’état d’esprit ; mis à part la fin et mon hypo…), celui du Petit Ballon et du Wurzel grâce à une alimentation encore plus régulière mais par petites touches successives. C’est ce que je vais également travailler à l’entrainement tout en y étant très attentif en course.
– Autre facteur limitant la gestion du sommeil : j’ai la facilité de dormir n’ importe où n’importe quand : il faut absolument que j’en profite pour arriver reposé et frais
– Autre facteur : la vitesse. D’avoir travaillé un tout petit peu la vitesse m’a permis de progresser sur trail en général : il faut absolument garder de la qualité
– Dernier point ne pas partir trop vite et faire uniquement sa course. Pour se faire je prends mon temps de 28h. J’y ajoute 15% de baisse de nuit: 31h40. Je calcule les temps d’arrêt aux ravitos qui doivent être de 1h40, j’arrive à un temps global d’un peu plus de 33h. Avec les incertitudes liées aux conditions climatiques, ou à un souci quelconque de fatigue etc… J’arrête le chiffre de 34h.

34h, c’est donc ce à quoi je peux prétendre dans un bon jour. Ce chiffre raisonna assez bien dans ma petite tête. Seulement au fond de moi raisonne l’expérience du GRP, encore et toujours… 34h, un objectif de temps… Pour prendre des repères ok. mais certainement pas pour un objectif. Allez je sais comment ça va se passer, je vais aller trainer mes guêtres sur les forum, discuter avec manu et Remi etc… Alors je me mets encore une marge: 35h. Voilà le chiffre est arrêté.
Accro des chiffres, je vais à la chasse aux temps. Je récupère alors ceux des temps de passage des coureurs en 35h en 2009 (dernière fois que l’original a été fait). Là je décortique chaque passage chronométré je prends la moyenne des temps les plus raisonnables pour ne surtout pas aller plus vite, et je m’impose cela en vitesse maximale au moins jusqu’à Courmayeur lieu de la base vie. La deuxième base principale étant Champex où le temps moyen de ces coureurs est de 23h30, je me dis que repartir de Champex avant la 24ème heure sera parfait..
Je me dis alors qu’il suffit de retenir tout ça et de se présenter frais au départ, serein en son aptitude à faire SA et uniquement SA course et il n‘y a plus qu’à appliquer tout ça au plus près fort des certitudes engrangées…

La suite, on la connait. Évidemment je pourrais disserter longtemps sur ce qu’aurait pu être ma course : si j’avais mieux gérer avant Champex, si je m’étais moins arrêté, si j’avais accéléré à la fin si, si, si, si…

Avoir des certitudes et être serein et sans pression, m’a vraiment servi. Je me suis arrêté sereinement aux ravitos , aux bases vie en haut du Grand Col Ferret avec Manu etc pour un total d’environ 2h20. mais ça m’a permi de vivre une course tranquille et sereine. Ça m’a permis de juste savoir que j’ai fait une belle course, ou en tout cas une course où je n’ai quasiment aucun regret, où je me suis fait plaisir, et où j’ai passé un grand moment avec mes proches. C’est vrai que je pense que faire 30 h à l’UTMB est accessible à un coureur moyen , mais je ne pense pas être capable de faire les sacrifices nécessaires. Alors bravo à ceux qui en sont capables, pour ma part, je sais juste que je vais essayer de progresser encore un peu afin que la prochaine course soit encore meilleure…

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