16 mars 2014 – Trail du Petit Ballon – Rouffach (68)

Le site de l’organisation Les résultats Le parcours: .gpx .pdf .kml
Distance : 50 km Dénivelé positif: 1900 m Dénivelé négatif: 1900m

«  il serait peut -être temps d’être raisonnable….… »


Les très belles photos de Nicolas et Vincent sont là: l’Alsace en courant.

Le récit:

Dimanche matin. Je me lève, je me demande encore si je fais bien d’aller courir sur aussi long. Le petit point de contracture que je trimballe depuis quelques jours m’a pourri ma fin de prépa. Je finis par me dire que la vitesse ce n’est pas pour moi… Bon allez on verra bien et puis Remi sera là, ce serait dommage de le louper…
06h45, Manu vient me récupérer en compagnie de Remi. Moment très sympa que ces retrouvailles. Michel G nous accompagne également. Je ne vois pas passer la route.
Arrivés à Rouffach on retrouve nos marques et tous les copains. Petit changement cette année, le retrait des dossards est dans le gymnase. Faut dire qu’ils ont explosé le nombre d’inscrits.
Une fois prêts on part s’échauffer. Je rallonge un peu pour tester le mollet : ç à l’air de vouloir tenir. Petite pause d’avant course dans les vignes et je vais retrouver toute la famille du trail. Nous sommes quasiment sur la ligne de départ, juste derrière les cadors : il y a plus de 1000 coureurs derrière nous….
On discute un peu et pan, c’st parti. Devant ça fonce. Je suis déjà plus vite que d’habitude mais me sens bien. Je regarde la montre et lève un poil le pied. Sarah V. me double en compagnie d’Alexandra R. Je me cale derrière. Si j’y reste jusqu’au bout je ferai une très belle course.
Le premier km passe très rapidement. Je suis un peu surpris, on reste dans les vignes : ils ont également changé cette partie là : on n’aura pas droit au long bout facile de bitume. J’hésite à pousser sur le mollet, je pense que je claudique un peu. Je discute un peu avec Alex, Manu est juste dans le coin. Je reste bien derrière Sarah « la métronome ». On enchaine les petits coups de cul, je me trouve assez facile. C’est à peine technique. Je me détends et cours un peu plus facile. Je pousse sur les jambes et regarde autour de moi, ça roule. On est vers le 3ème KM, j’appui franchement pour relancer sur une petite bosse. AÏE !!! L’aiguille dans le mollet, non toute la pelote. Ca fait mal… Je lève le pied. Je teste toutes les positions. Le pied à plat ça va, surtout pas d’extension. Je ralentis sérieusement. En faisant attention ça va peut être passer. J’essaie de trouver une foulée qui convienne. En faisant des petits pas je ne sens pas grand-chose. Intérieurement je n’espère qu’une chose, que ça passe… Tiens voilà Yann S. qui me double. Je l’appelle, il m’entend, se retourne mais ne me voit pas. Puis c’est Gilles E. on échange quelques mots, il a l’air sacrément en forme le cochon. Ah voilà Lionel et ainsi tout de suite : toutes les têtes connues me doublent les unes après les autres. Je vois défiler le sentier en repensant à ma course de l’an dernier. Fait ch… quelle frustration. On arrive au monastère. Je suis en colère, j’en ai un coup d’adrénaline. Je redouble quelques coureurs. Je me cale derrière un gars tout en dynafit. Je me raisonne, ca ne sert à rien de vouloir absolument le doubler il reste plus de 40 bornes et je ne suis pas sur du tout d’arriver au bout. Ah ça descend ? Ca va mieux, je ressens juste un point un peu brulant. Je laisse un peu filer jusqu’au ravito. J’ai tout ce qu’il faut et même pas soif. Je ne m’arrête pas, concentré sur ma jambe. Les quelques coureurs que j’ai doublés me reprennent. Il m’est absolument impossible de courir en montée. C’est là que l’an dernier j’avais doublé Lionel et que la neige était vraiment présente. Allez gars, tu te concentres sur ta foulée et ça peut le faire, ici le terrain est facile. On arrive sur le haut de la butte avant la descente vers le ravito. Je me lâche, un peu : j’ai de la vitesse. Ca va le faire… Mais non, le moindre appui délicat et le « morfle ». Je suis à nouveau complètement crispé. Je fais le yoyo au sein d’un petit groupe qui m’amène au ravito. Toujours pas d’arrêt. J’entame le mini coup de cul avant l’église. Je suis entrain d’accepter Le fait que je ne ferai pas une bonne course aujourd’hui. Je me relâche et ralentis. Il faut manger et boire au risque de rajouter une galère de gestion aux ennuis physiques. On attaque le bitume. Je ne peux que marcher. C’est pourtant bien facile ici. Je tire un peu sur les jambes : quasiment pas de douleur en marchant, c’est la bonne nouvelle du jour. Et on rejoue au yoyo, revoilà celui là, et celui-ci et l’autre et encore un et… pfff Ah ça descend. Je reprends un peu de terrain. Je sais que je vais le perdre sur le faux plat qui va suivre. Allez encore 500m et ça va monter. Ah enfin. Je tourne et d’emblée je teste mes jambes en marche rapide. Ca tire un peu mais ca fait du bien. Je peu enfin me lâcher. Pas de répit il n’y a que d’ici au sommet où je vais pouvoir un peu m’éclater aujourd’hui. J’accélère. Je rattrape un premier groupe d’une dizaine de coureurs. J’enclenche le clignotant et les double tous d’un coup. J’ai la hargne et le couteau entre les dents. J’enchaine le prochain est à 20m. Je sens que j’ai la forme mais ne peux rien faire ça m’énerve. Ca s’aplanit un peu. Je vois un coureur porteur de bâtons qui recoure un peu : on a déjà du se doubler 3 ou 4 fois. Je trottine mais ne peut vraiment pas courir. Ca s’infléchit à nouveau : ouf je peux reprendre. Je double encore et encore. Je jure, merde, merde et merde, putain de mollet !!! En plus on va bientôt retrouver le chemin. Allez encore 2 ou 3 : j’ai du doubler 50 gus dans la montée. Mais là c’est fini, plu qu’à re-trottiner. Tout de suite on me double et je râle : un coureur en Salomon me demande si ca va, lui aussi est un de mes joueurs de yoyo… Je lui explique : il fait la grimace et me laisse. Je me souviens qu’ici l’an dernier j’étais en 40s/mille plus vite dans la neige. Dans quelques centaines de mètres ça va très légèrement descendre vers le ravito. J’ai un coup de mou. A force d’être concentré sur ma jambe et ma frustration j’ai oublié de boire et manger. Je me rattrape : il va falloir faire le plein…Allez on se re-détend. Je m’impose un mantra : cool dans ces parties à courir et une belle séance longue dans ce qui se marche : ca va le faire. Voilà le carrefour, les bénévoles nous encouragent, merci les gars. Je trottine et regarde le paysage. Ai-je suffisamment de retard pour croiser les premiers ? Non, ca va.
Voilà le ravito. Je fais le plein avec le concours d’une bénévole : merci tout plein. Un verre d’eau gazeuse et c’est reparti
Je reprends la marche : inutile d’essayer de courir, ça ne veut pas le faire. Je sors ma barre à la banane. Je vais la manger par petites touches comme à l’UTMB… Mais finalement je la mange en entier : je pense que j’ai fait une petite fringale. La pente est à nouveau assez raide. Je joue au yoyo avec Salomon : il arrive à trottiner dès que la pente est moins forte, moi je continue à marcher puisqu’il n’y a que ça à quoi je suis bon aujourd’hui….On va bientôt arriver « en zone découverte », les organismes commencent à fatiguer. Je lève la tête : il y en a du monde ici ?!? L’année dernière j’étais en pleine « bourre » ici. Là je ronge mon frein. J’arrive  à doubler encore un peu, je me dis que ce sont les dernières cartouches que je peux encore griller : après il va falloir courir. Tiens, je reconnais la silhouette tout là-haut, c’est Lionel. Bizarre qu’il n’en soit que là? Je réintègre ma bulle et arrive en haut s’en m’en apercevoir, juste le temps de faire un coucou à Nico de l’Alsace en courant qui est toujours au top !
Allez j’entame la descente. Quelle frustration !!! Impossible de courir, je ne peux même pas trottiner dans ce pré. Voilà le col, souvenir de l’an dernier dans la neige, je vais encore moins vite, et de moins en moins vite. Il y a un tout petit peu de neige puis quelques cailloux. Mon mollet me handicape franchement. Ca me coupe les pattes et le moral. Je regarde ma montre, juste une fois… Oh m… 9 km/h sur ce chemin : le dégout. Je me traine et tout le monde me double, je suis de plus en plus dégouté. J’en oublie le prendre le raccourci qui coupe le gros chemin : mes suiveurs me rappellent, je souris. Du coup je suis détendu à l’approche du ravito. J’y prends un verre d’eau gazeuse et repars en marchant. Je crois que le pire c’est encore sur le plat, vivement la descente. Mais que ce trail est ennuyeux, on n’avance pas, la seule distraction est de croiser ceux qui montent… Je me dis que je ne suis pas si mal que ça !?!? Voilà le carrefour : un coucou aux bénévoles et on poursuit sur le gros chemin. Ici j’étais entrain de me battre pour essayer de conserver de la vitesse, là je me bats pour avancer. Mais ???? C’est Lionel ??? Il est au ralenti ??? Encore plus lent que moi ? Comment est ce possible ??? Je mets un certain à le rattraper. Il me dit qu’il n’est pas bien. Il va faire un bilan sanguin parce que ca fait deux courses de suite que ça ne va pas… Et là ???? C’est Dani M. ???? Mais c’est quoi ce cirque ? Lui aussi est HS… Il marche, on échange deux mots et on continue… Je lâche Lionel : il me lance, préviens ma femme que je serais en retard…
La pente s’infléchit. Je me lâche un peu, j’ai un peu moins mal, même si je ne contrôle pas trop ma course. Je rattrape quelques coureurs. On approche du ravito, je mange et bois. J’accélère ça à l’air de le faire, enfin je crois : je loupe, un appui avec ma patte folle. Je pars en roulé boulé comme d’hab. C’est encore le sac qui prend. Je râle et crie ma colère. Deux coureurs s’arrêtent : ca va ? Oui je crampe juste, un coup de main pour me relever ??? Ils m’aident et je repars doucement. Je boitille encore un peu. Je trottine et me refais la cerise doucement. J’arrive au ravito. Je bois un verre d’eau gazeuse et repars en marchant et grignotant.
Je rêvasse en repensant à ma course de l’an dernier. C’est ici que je ne me suis pas assez alimenté : je l’ai payé cash un peu plus loin, même si j’arrivais finalement à dérouler un petit 12 à l’heure, là je traine péniblement un petit 10. Pfou c’est long et ce chemin est bien ennuyeux. Il n’y a pas : ce trail peut être ludique quand on est en forme avec de la vitesse mais on a vite tendance à s’ennuyer lorsqu’on se traine sur ces ros chemins très roulants. Ah ça remonte c’est là que j’ai explosé, perclus de crampes. C’est là aussi que Jean Pierre et Sarah m’ont déposé. J’arrive à reprendre 2 ou 3 coureurs. Je retrouve un grand dégingandé qui m’a doublé il y a déjà quelques heures. Il est cuit. Je retrouve également « Salomon ». Je pense que je commence à fatiguer et à piocher. Je reprends un gel. C’est moi où il fait chaud ? Allez encore le petit coup de cul du plateau et c’est gagné. J’arrive encore à trottiner sans douleur, en pensant à bien dérouler. Je suis au dernier point haut, Là je connais par cœur : c’est quand même la 6eme fois que je cours dans ce passage. Je tends l’oreille ? Et les percussions alors ? Ah si ils sont tous là, toujours présents. Le petit sentier qui me fait penser à un bord d’étang et je lance à celui que je dépasse qu’il n’y a plus que de la descente. Mais au fait ? Ils ont changé la fin ? On reste un peu plus dans les vignes. J’en ai ma claque vivement que l’on arrive. Je me demande comment on peut courir aussi longtemps…
Ah voilà les faubourgs de Rouffach. On m’encourage. Finalement je vais être aux alentours de 5h15. Pas si mal avec une patte folle. Ca y est je passe la ligne. Ouf. Pas de joie particulière aujourd’hui. Juste le sentiment d’avoir fait le boulot et surtout l’idée qu’il va falloir se soigner… Je vois Brice un peu plus loin. Il est déçu de sa course. Tiens, pas de Manu ? Il doit déjà être à la douche ??? Je discute avec les uns et les autres. Lionel fini par arriver mais toujours pas de Manu : aurait il abandonné ? Il finira par arriver avec Christian. En fait je l’ai loupé au ravito du Boelensgrab. C’est Christian qui finalement l’a récupéré en plein perdition et ils ont fini ensemble.
Allez, direction la douche. Je retrouve ensuite Manu M qui a encore fait une grosse course et nous passons un petit moment avec Sarah et seb R.. Après avoir laissé Remi entre les mains de ses proches et une fois Manu massé il n’y a plus qu’à rentrer dans les Vosges.
Le bilan de cette course ? Cela a certainement été une bêtise d’en prendre le départ ou du moins de l’avoir fait dans l’idée d’y faire une perf… Va donc falloir être sage et prendre le temps de la récup. Et si tout va bien prochaine étape : le trail des Roches. »

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